Strasbourg : Un vélo volé pourrait couler une entreprise

SOLIDARITE C’est une histoire de vélo volé à Strasbourg, mais pas si banale puisqu’une commerçante a lancé une cagnotte pour permettre à une jeune épicerie en ligne 100 % de continuer à livrer en ville à vélo

Angélique Férat

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Sans vélo, l'épicier fait ses livraisons en voiture puis à pied
Sans vélo, l'épicier fait ses livraisons en voiture puis à pied — Angélique Férat
  • Une restauratrice de Strasbourg a lancé une cagnotte pour racheter un triporteur au jeune entrepreneur de Marmelade.
  • Le fondateur de l’épicerie vient de se faire voler son vélo or il s’en servait pour toutes ses livraisons.

Qui a dit que la solidarité n’existe plus ? Une restauratrice de Strasbourg a lancé une cagnotte en ligne pour racheter un vélo à un de ses collègues. « Nous ne sommes pas des proches, explique Camille Dorsemans. Je viens d’ouvrir mon établissement, je travaille seule comme l’épicier de Marmelade, je travaille avec des produits locaux comme lui, logiquement, je me suis dit, il faut l’aider. »

Le vélo en question – un triporteur fait sur mesure aux Pays Bas et d’une valeur de 3.500 euros – a été volé au domicile de l’artisan. Marmelade est une toute jeune entreprise : une épicerie en ligne strasbourgeoise et ce vélo permet de livrer des colis de 15 à 20 kg. Quentin Seyeux, son fondateur, n’a pas les moyens de racheter un tel deux-roues immédiatement. Il estime qu’il lui faudra au moins jusqu’à l’année prochaine pour rassembler la somme nécessaire.

C’est aussi une question pratique

La grosse contrainte de Quentin Seyeux est de livrer dans le centre-ville de Strasbourg où se trouve l’essentiel de ses clients. Pas de souci en temps normal avec son triporteur mais privé de celui-ci, il utilise une camionnette qui ne peut entrer dans le centre en dehors des heures de livraisons imposées par la municipalité. « Il y a des coûts supplémentaires et avec les problèmes de stationnement, je perds beaucoup de temps. Je me gare parfois loin et je dois ensuite marcher avec mes cagettes sur les bras. » L’idée de Marmelade, Quentin l’a eu pendant ses études. C’était même son sujet de fin d’études. Le cœur du projet, c’est consommer local et être éco-responsable alors sans son vélo, ce n’est plus pareil.

« Nos produits viennent tous des environs de Strasbourg donc il y a tout de même une démarche environnementale. Mais mon vélo me manque, en une année, j’ai fait 4.000 km avec par tous les temps. » Et c’est aussi une question d’image. Le capital sympathie dont bénéficie la petite épicerie tient aussi à son deux-roues. Clément Coriette habite le quartier du Neudorf et travaille dans une institution culturelle. « Je ne suis pas client mais le patron de Marmelade est jeune et il a besoin d’un coup de main. » Il a versé 30 euros et il attend que Quentin Seyeux livre à nouveau à vélo pour passer commande.