Marseille : « Il faut un drame pour qu’il y ait la police », dénoncent les parents d’élèves de La Pauline après les violentes agressions

REPORTAGE Les élèves de La Pauline et leurs parents ont repris le chemin de l’école, non sans inquiétude, après l’agression au couteau d’une cantinière, vendredi

Mathilde Ceilles

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Marseille, le 9 septembre 2019. - Un policier devant l'école La Pauline où une cantinière a été agressée le 6 septembre 2019.
Marseille, le 9 septembre 2019. - Un policier devant l'école La Pauline où une cantinière a été agressée le 6 septembre 2019. — M. Ceilles / 20 Minutes
  • A La Pauline, une cantinière a été victime d’une violente agression à l’arme blanche vendredi.
  • Ce lundi, les élèves et leurs parents reprenaient le chemin de l’école, escortés par la police.
  • Les parents d’élèves réclament toutefois une présence policière renforcée, et ce, au-delà des quinze jours prévus par le maire.

Ce lundi matin est un peu particulier pour Dorothée. Devant la boulangerie qui jouxte l'école La Pauline, dans le neuvième arrondissement de la cité phocéenne, cette Marseillaise est venue trouver un peu de réconfort auprès des parents d’élèves, après un week-end douloureux. Ce vendredi, sa fille, cantinière, ou « tata » dans cette école, comme on dit à Marseille, a été victime d’une violente agression.

Vers 6 h 30, un jeune homme de 17 ans a pénétré dans l’enceinte de l’école, et a frappé avec une arme blanche cette cantinière. L’agresseur a ensuite frappé d’un coup de poing une autre « tata » de l’école qui s’était interposée, avant de frapper, toujours d’un coup de poing, un passant en prenant la fuite. Il a ensuite été arrêté et hospitalisé en psychiatrie.

« Je garde l’image de ma fille à terre, pleine de sang »

« Je garde l’image de ma fille à terre, pleine de sang, confie Dorothée. Elle aurait pu perdre la vie. Si elle est de ce monde, on se demande comment… » Et de s’emporter : « J’ai la haine envers cette personne, c’est trop facile de faire ça puis d’aller en hôpital psychiatrique, pour ressortir dans trois mois. J’ai la haine envers cette sécurité qui n’est pas. » « Cela nous fait très peur, abonde Karima, une mère d’élève, présente à ses côtés. L’école n’est pas sécurisée au maximum. Avant, il y avait des médiateurs qui étaient là, devant l’école. Il y avait quelqu’un, ça impressionne. Il faut de la sécurité, sans non plus que cela devienne une prison. »

Une demi-douzaine de policiers municipaux et nationaux sont postés en ce lundi matin devant les grilles pour une période de quinze jours. « Et après ?, lance Sophie, mère d’un petit garçon scolarisé en CM1. Il y a des policiers là, mais je suis un peu sceptique. Et à une heure et demie près, nos enfants étaient dans l’école, ils étaient à deux doigts de perdre la vie ! »

« Ça va recommencer »

« Il faut qu’il y ait un drame pour qu’il y ait la police, soupire Séverine. Mais ça va recommencer ! Ma petite, ce matin, ne voulait pas aller à l’école. Il faut la rassurer, on a fait comme on a pu… Il faut une surveillance complète, auprès de toutes les écoles. » « La semaine dernière, j’avais averti la mairie sur le fait que la porte s’ouvrait toute seule, affirme Linda, agacée. Et là, ce muret, à l’entrée, regardez, on peut grimper direct ! »

« Nous répondons pour le moment à une situation de crise avec la police municipale et nationale, justifie Lionel Royer-Perreault, maire LR de secteur, venu à la rencontre des parents d’élèves ce lundi matin. Mais c’est très compliqué de mettre des policiers devant toutes les écoles de Marseille, il faut être honnête…. De toute façon, quand vous avez quelqu’un d’hyperdéterminé à agir… Le risque zéro n’existe pas ! »

Et de promettre : « Nous allons organiser une réunion avec la communauté éducative, l’ensemble des tatas et des parents pour voir s’il y a des demandes d’aménagement complémentaires, de petites choses, comme rehausser les murs d’enceinte. » Une cellule psychologique a été mise en place ce lundi matin. Un rassemblement à l’initiative de Force Ouvrière est prévu devant l’école dans l’après-midi, à 14h30.