Toulouse : Le train met sept heures pour faire moins de 100 km

SNCF Un TER parti de Toulouse samedi soir, qui a percuté trois sangliers quelques minutes après son départ, est resté plusieurs heures en rase campagne

Béatrice Colin

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Un TER à la gare Toulouse-Matabiau. Illustration.
Un TER à la gare Toulouse-Matabiau. Illustration. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

En montant samedi soir dans le TER 872.418, qui relie Toulouse à Mazamet, les 75 voyageurs ne s’attendaient pas à y passer une partie de leur nuit. Là où ils auraient dû mettre un peu plus d’une heure pour rallier Castres, un des dix arrêts de ce train, les usagers de la SNCF ont mis près de 7 heures.

Parti à 20h42 de la Ville rose, le TER a percuté trois sangliers sur la voie juste après Saint-Sulpice, une demi-heure après son départ. Et c’est à partir de là que le calvaire a débuté pour les voyageurs. « Ce genre d’incident arrive, et la SNCF n’y peut rien », concède l’un d’entre eux, Pierre-Louis Vernhes. Par contre, la suite des événements, cet usager a beaucoup plus de mal à les légitimer.

La SNCF justifie la lenteur d’intervention

Rapidement, il est clair que le train ne pouvait pas repartir. La SNCF a alors décidé d’affréter un autre train pour récupérer les passagers et les acheminer vers leur destination. « Alors que l’équipe d’assistance de la SNCF est arrivée, elle n’apporte aucune bouteille d’eau ou nourriture n’a été prévue pour les passagers. Le seul timing fourni tout au long de la soirée par la SNCF fut pour annoncer l’arrivée du train de secours 15 minutes avant et effectivement le train de secours arriva peu après minuit », critique Pierre-Louis Vernhes, qui a écrit avec plusieurs autres voyageurs à la Région Occitanie pour exprimer son mécontentement.

Du côté de l’entreprise ferroviaire, cette lenteur est justifiée par l’emplacement de l’accident. « Il n’y avait pas d’accessibilité au niveau routier à proximité. Il a fallu aussi débroussailler et trouver un autre train, l’acheminer et le raccorder. Dans ces conditions, il est difficile de donner une estimation de temps aux voyageurs. Notre priorité reste leur sécurité », indique un porte-parole de la SNCF contacté par 20 Minutes.

Finalement, le TER est reparti à 2h du matin. Arrivés en gare, ils ont été ensuite acheminés vers leur destination en car et taxi. Ceux pour Castres ont terminé leur voyage à 3h35.

Certains ont décidé de ne pas laisser passer, et ont donc écrit à la région, autorité responsable des TER, pour connaître les raisons de leur long périple afin d’éviter que cela se reproduise.