Homophobie : Deux hommes agressés et frappés en pleine rue à Nancy

VIOLENCE Insultes, coups de pied… Deux hommes ont été agressés à Nancy dans la nuit du 23 au 24 août parce qu’ils sont homosexuels. « On a eu très peur », témoigne l’une des victimes à « 20 Minutes »

Nils Wilcke

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Une voiture de police en intervention (illustration).
Une voiture de police en intervention (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont été victimes d’une agression à caractère homophobe à Nancy, dans la nuit de jeudi à vendredi.
  • Deux hommes ont été frappés par un groupe de six personnes place Carnot, entre minuit et une heure du matin. 
  • L'une des victimes, âgée de 22 ans, confie avoir eu « très peur » à « 20 Minutes ». L'association régionale LGBT Equinox les soutient dans leur plainte. 

Ils ne s’attendaient pas à un tel déchaînement de violence. Trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont été victimes d’une agression à caractère homophobe à Nancy, dans la nuit de jeudi 23 août à vendredi 24 août.

L’agression a eu lieu place Carnot, entre minuit et une heure du matin. « On est sortis du bar et on parlait de notre homosexualité à voix haute », raconte à 20 Minutes Steven, 22 ans, l’une des trois victimes. En face, un groupe de cinq garçons et d’une fille commence par les insulter. Aux insultes se succèdent les coups qui pleuvent sur les deux hommes. « On a été traités de sale pédé et plein d’autres insultes et ensuite, on nous a donné des coups de pied », indique Steven.

« Quand j’en reparle, je tremble »

Leur amie dégaine son téléphone pour filmer la scène et photographier la plaque d’immatriculation du véhicule des agresseurs. Mais la voiture démarre et fait marche arrière pour l’empêcher d’enregistrer. Steven est encore sous le choc, plusieurs jours après les faits. « Physiquement, ça peut aller même si j’ai des douleurs au thorax. Dans ma tête, c’est plus dur, confie-t-il. On a eu très peur. Quand j’en reparle, je tremble ». Il a reçu un jour d’Interruption temporaire de travail (ITT) de la part du médecin.

L’agression a été condamnée par l’association LGBT régionale Equinoxe dans un communiqué. Le caractère homophobe de l’agression n’a pas été pris en compte dans la plainte initiale de Steven, comme l’a noté son avocat, Maître Masset : « Pourtant, la plainte fait état d’insultes homophobes, c’est assez clair », précise-t-il. Est-ce une erreur ou une nouvelle illustration de la difficulté à faire prendre en compte l’homophobie ?

Dans tous les cas, l’avocat à l’intention de réunir les trois plaintes une fois qu’elles auront été rectifiées pour les envoyer au procureur de la république de Nancy. Au cours des douze derniers mois, le nombre de victimes de violences physiques a doublé entre juin 2018 (3 %) et avril 2019 (7 %), selon le dernier rapport de SOS Homophobie.