Bas-Rhin: Incendies en série sur des immeubles occupés par des migrants

FAITS DIVERS Une enquête a été ouverte pour tenter de comprendre l'origine de ces départs de feu

Nils Wilcke

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Une enquête a été ouverte. Illustration.
Une enquête a été ouverte. Illustration. — M. Allili / Sipa
  • Trois départs de feu visant des immeubles où plusieurs familles étrangères sont installées se sont déclarés en l'espace de 48 heures à Schiltigheim, dans le Bas-Rhin. 
  • Ces incendies seraient d'origine criminelle, pour le premier adjoint au maire de la commune. 
  • Une enquête a été ouverte pour tenter de comprendre l'origine de ces départs de feu, a appris « 20 Minutes » de sources policières.

Des familles étrangères résidant à Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, sont-elles ciblées par un ou plusieurs incendiaires ? C’est ce que pense Patrick Maciejewski, premier adjoint au maire de Schiltigheim, après que trois départs de feu visant des immeubles où plusieurs familles sont installées se sont déclarés en l’espace de 48 heures. Les deux derniers en date, qui ont eu lieu mardi soir, ont visé le parking souterrain d’un immeuble et le local poubelle d’une résidence étudiante gérée par le CROUS.

Lundi, c’est la cave d’un immeuble, également situé dans cette ville du nord de Strasbourg, qui était la proie des flammes. Sur ce site, trois logements sont loués par l’association Horizon amitiés qui les met à disposition, comme l'indiquaient Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Des tags anti-migrants revendiquent l’incendie

Pour le premier adjoint Patrick Maciejewski, ces incendies seraient d’origine criminelles : « Les familles n’habitent pas dans un quartier en particulier donc il faut bien connaître les lieux et être informé » glisse à 20 Minutes l’élu. Les pompiers qui sont intervenus sur les deux premiers sinistres auraient identifiés au moins deux départs de feu, selon nos informations.

Plus troublant, au moins un des incendies a été revendiqué par des tags anti-migrants découverts ce mercredi matin sur les murs de la mairie de Saint-Nabor. Le village de 500 habitants situé au pied du Mont Saint-Odile, à une trentaine de kilomètres de l’agglomération strasbourgeoise, est sous le choc. Une croix celtique et un symbole néo-nazi accompagnaient les écrits. Le maire, François Lantz, se dit « catastrophé » et était sur le point de déposer plainte au nom de la commune auprès de la gendarmerie de Rosheim quand nous l’avons contacté.

Un village sous le choc

« Nous sommes une commune avec une longue tradition de tolérance et de spiritualité, je ne comprends pas pourquoi on nous utilise comme support pour faire passer des messages racistes », s’insurge l’édile. Les migrants et les réfugiés sont visés par les tags déposés. Le préfet de la région Grand Est, Jean-Luc Marx, est directement nommé par deux des tags, qui lui reprochent d’accueillir des étrangers. L’un s’adresse aussi à l'« Open arms », ce bateau d’une ONG espagnole qui a recueilli des migrants en mer. Mardi, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner  a promis que la France en accueillerait quarante d’entre eux.

En attendant, la mairie de Schiltigheim a l’intention de diffuser des consignes de vigilance au niveau local. « Nous allons appeler les gérants de ces immeubles à être particulièrement attentifs et faire vérifier la vidéosurveillance quand cela est possible », indique Patrick Maciejewski.

Sollicité, le parquet de Strasbourg ne souhaite pas communiquer sur cette affaire. Mais une enquête a d’ores et déjà été ouverte pour déterminer les causes de ces départs de feu, a appris 20 Minutes de source policière. La police ne privilégie aucune hypothèse à ce stade de l’enquête.

En Alsace, des tags haineux, racistes et antisémites visent régulièrement les élus. Plusieurs tags ont notamment été retrouvés sur la maison de la vice-présidente au conseil départemental Danielle Diligen, en avril dernier.