Seine-Maritime: Trois touristes finissent en centre de rétention après une procédure abusive

JUSTICE Selon la police aux frontières, elles ne disposaient pas des bons documents pour poursuivre leur voyage sans encombre

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un centre de rétention administrative.
Illustration d'un centre de rétention administrative. — U. Amez / SIPA

Le juge a eu beau chercher, rien dans la situation de ces trois femmes ne justifiait un tel traitement. Trois touristes originaires d’Amérique du Sud ont vécu un véritable calvaire en entrant sur le territoire français, révèle France Bleu Normandie ce lundi.

Les trois femmes sont arrivées entre le 22 et le 29 juillet à l’aéroport de Roissy. Les deux premières, deux jeunes Colombiennes, étaient en transit vers Madrid pour des vacances. La troisième, une femme vénézuélienne, se rendait en Suisse pour voir son fils, hospitalisé à Genève. Les trois touristes ne se connaissent pas et voyageaient séparément avant cette mésaventure.

Elles n’avaient pas les bons justificatifs, selon la police

A leur arrivée à l’aéroport, la police aux frontières les contrôle et les place en garde à vue. Aucune des trois ne disposerait, selon les autorités, des justificatifs nécessaires à leur entrée en France : attestation d’hébergement en Suisse, réservations d’hôtels valables ou assez d’argent sur soi.

Les trois femmes sont d’abord placées en centre de rétention à Paris puis sont transférées, ensemble, dans un centre à Oissel (Seine-Maritime). Elles ont été convoquées le 11 août dernier devant le tribunal de Rouen. En examinant le dossier, le juge n’a trouvé aucun élément légitime pour justifier une telle procédure à leur encontre.

Traitées « comme des criminelles »

Les trois femmes ont été libérées mais sont désormais sous le coup d’une procédure d’éloignement du territoire. Elles doivent récupérer leur passeport en région parisienne et ont, en attendant, été aidées et logées par des habitants puis une association normande.

« Nous avons été traitées comme des criminelles », dénonce la mère vénézuélienne, qui a passé douze jours en centre de rétention administrative. Cette dernière n’a aucune intention de retourner directement dans son pays : elle veut à tout prix rendre visite à son fils malade, et espère qu’une prochaine convocation chez un juge permettra d’annuler la mesure d’éloignement.