Pornichet: Les questions qui se posent après la mort d'une ado dans un accident de bouée tractée

SECURITE Mercredi après-midi, une vacancière de 15 ans est décédée à Pornichet, en Loire-Atlantique, alors qu'elle pratiquait cette activité nautique

Julie Urbach

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Vue de Pornichet, en Loire-Atlantique, où le drame s'est produi
Vue de Pornichet, en Loire-Atlantique, où le drame s'est produi — S. Salom Gomis/ SIPA
  • Une adolescente a été mortellement blessé par l'hélice d'un bateau, mercredi au large de Pornichet, lors d'une sortie en bouée tractée.
  • 20 Minutes fait le point sur l'enquête et les règles de sécurité qui encadrent cette activité nautique.

Malgré l’intervention des secours, elle a succombé à ses blessures environ une heure après l’accident. Mercredi soir, une adolescente de 15 ans est décédée alors qu’elle pratiquait une activité nautique au large de Pornichet, en Loire-Atlantique. La jeune fille s’est retrouvée coincée dans l'hélice du bateau qui tractait sa bouée. 20 Minutes fait le point.

Que s’est-il passé mercredi ?

Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime se trouvait en compagnie de son père et de son petit frère quand l’accident mortel s’est produit, vers 18h30. La famille avait loué le semi-rigide et la bouée pour l’après-midi. Cette activité en vogue peut se pratiquer avec un moniteur professionnel, pour des sessions de 10 ou 20 minutes par exemple, mais il est aussi possible pour tout particulier détenteur du permis bateau de s’y adonner. C’est au moment où la jeune fille se trouvait dans l’eau près de l’embarcation, sûrement pour remonter, que son corps se serait retrouvé happé par l’hélice.

Où en est l’enquête ?

La procureur de la République de Saint-Nazaire a ouvert jeudi une enquête pour homicide involontaire. L’objet est de mieux comprendre les circonstances du drame et établir les responsabilités de chacun. Le moteur est-il resté allumé ? Les gaz ont-ils été éteints puis remis de façon prématurée ? Par qui ?

Il faudra également vérifier si les nombreuses règles relatives à la pratique de cette activité nautique ont été mentionnées au préalable. « L’employé qui a fait la mise en main a bien donné les consignes, assurent à Ouest-France les gérants de la société où a été loué le bateau : « Une fois le bateau parti, nous n’avons plus de contact, ni de surveillance possible. C’est de la responsabilité du pilote. » Selon le quotidien, le père avait bien le permis.

Quelles sont les consignes de sécurité ?

« La règle numéro 1, c’est de forcément couper le moteur quand quelqu’un est dans l’eau ou remonte sur le bateau, explique un loueur situé en Vendée et contacté par 20Minutes. Ce qui arrive assez souvent entre les chutes et les moments où les participants échangent leurs places. » Selon un arrêté de 2018, il est aussi obligatoire d’être au moins deux sur la vedette. « L’un conduit, s’assure que tout se passe bien devant lui, et l’autre surveille la bouée notamment lors des manœuvres », continue le professionnel.

Cette deuxième personne « doit être en âge de passer le permis de conduire des navires à moteur », c’est-à-dire 16 ans, stipule l’arrêté. Ce qui n’était pas le cas mercredi. Le frère serait âgé de 12 ou 13 ans. « La bouée tractée n’est pas une activité à risques mais comme toujours, il faut être vigilant, estime le loueur. C’est-à-dire adapter sa vitesse, se renseigner sur les conditions météo, bien regarder tout autour de soi… »

D’autres accidents de ce type ont-ils déjà eu lieu ?

Toujours selon ce professionnel, « les accidents en bouée tractée sont rares ». Mais plusieurs drames causés par l’hélice d’un bateau sont survenus ces derniers temps. En avril dernier, un kitesurfeur a été mortellement blessé en Bretagne, dans l’archipel des Glénan, par un semi-rigide qui devait le ramener sur la côte après son entraînement. En juin, une nageuse a été grièvement blessée en Corse, par un bateau qui a accéléré juste devant elle. En juillet, la députée LREM Stéphanie Kerbarh annonçait vouloir rendre obligatoires les systèmes de protection sur les moteurs de certaines embarcations. Un rapport doit être rendu dans les six mois.