Gard: Un pilote décède dans le crash d’un bombardier d’eau intervenant sur l’incendie de Générac

ACCIDENT D'AVION L'incendie a déjà brûlé plus de 600 hectares de forêt

J.-L. D.

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Un bombardier d'eau en intervention
Un bombardier d'eau en intervention — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Un bombardier d’eau s’est crashé ce vendredi alors qu’il était en intervention sur l’incendie de Générac, dans le Gard. « Un pilote de Tracker de la Sécurité civile a perdu tragiquement la vie alors qu’il combattait courageusement l’incendie en cours », a déclaré dans un communiqué la préfecture du Gard. Selon les informations de Midi-Libre, l’avion de la Sécurité civile s’est écrasé aux alentours de 17h20. « Il se serait disloqué au sol », selon une source proche des secours.

Plus de 800 hectares ont déjà brûlé depuis mardi à Générac, qui fait face à un incendie d’une rare ampleur, dont 130 dans la seule journée de ce vendredi.

« Ce soir un pilote de bombardier d’eau a trouvé la mort en luttant contre les flammes. Il a donné sa vie pour sauver celle des autres », a tweeté Emmanuel Macron. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déjà présent à Générac mercredi, pour constater les dégâts du premier incendie, sera de retour sur place samedi matin, à partir de 10h00. Il se rendra sur les lieux du sinistre, ainsi que sur la base aérienne de Nîmes-Garons, où était stationné l’appareil qui s’est écrasé.

Une enquête et un incendie en cours

Une enquête judiciaire a d’ores et déjà été ouverte, sous l’autorité du procureur de la République de Nîmes Eric Maurel, pour déterminer l’origine du drame. De même une enquête de sécurité a été ouverte par le Bureau enquêtes accidents.

Mais de tels accidents sont rarissimes. Parmi les derniers drames similaires en France, celui d’un Canadair qui s’était abîmé en mer, le 1er août 2005, avec son pilote et son copilote, à Calvi en Haute-Corse. « Je souffre, je suis ému, je n’ai pas de mots », a déclaré le maire de Générac, Frédéric Touzellier, à l’annonce de la nouvelle, alors qu’aux abords de sa commune le ballet des bombardiers d’eau était encore incessant, au-dessus de flammes toujours vives.

Car le vent attise encore les foyers, qui se répandent à grande vitesse. Au sol, la terre qui n’est pas encore touchée est sèche comme de la pierre et le feu se propage d’une vigne à l’autre, sans limite. Et la situation pourrait encore s’aggraver samedi, « car malheureusement le vent ne mollit pas et pourrait même se renforcer », insistait vendredi soir le commandant Jacques Pagès, au PC de commandement des pompiers à Générac.

Un incendie criminel

Une certitude pour le maire de Générac : ce nouvel incendie vendredi dans sa commune est d’origine humaine et volontaire : « C’est criminel, c’est sûr. Plusieurs feux qui partent simultanément, à des endroits différents… On est complètement dépassés », a-t-il déclaré quelques moments avant l’accident à BFM TV.

Rien qu’entre 14h30 et 15h, huit à dix départs de feu ont été constatés au sud de Nîmes, entre Saint-Gilles et Vauvert, selon le commandant Jacques Pagès

Selon Eric Maurel, procureur de la République de Nîmes, le premier incendie de Générac, mardi, était vraisemblablement aussi d’origine criminelle. Jeudi, il avait insisté sur le fait que les enquêteurs privilégiaient la piste de « l’acte volontaire ».

Si une vingtaine de maisons ont été évacuées et un mas touché, vendredi, à Générac, ce sinistre n’a fait aucune autre victime que le pilote du bombardier d’eau. Le château et le gymnase du village ont été ouverts pour accueillir les sinistrés.