Affaire Steve Maia Caniço: «Pas de lien entre la disparition de Steve et l’intervention de la police»...

ENQUETE Après la découverte et l'identification du corps de Steve Maia Caniço dans la Loire, le Premier ministre Edouard Philippe a révélé les conclusions du rapport de l'IGPN

S.A. avec AFP

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Point presse du Premier ministre Edouard Philippe a l'Elysée, le 23 mai 2019.
Point presse du Premier ministre Edouard Philippe a l'Elysée, le 23 mai 2019. — Stephane Lemouton -POOL/SIPA

L’ESSENTIEL

  • Le corps de Steve Maia Caniço a été retrouvé lundi dans la Loire.
  • Le jeune homme de 24 ans avait disparu lors de la Fête de la musique, pendant un concert conclu par une intervention controversée des forces de l’ordre en bordure du fleuve.
  • De nombreux participants au concert du 21 juin ont relaté avoir été aveuglés par du gaz lacrymogène, certains tombant dans la Loire. Quatorze personnes avaient ainsi été repêchées par les secours.
  • Des zones d’ombre demeurent sur l’intervention survenue vers 4 heures du matin et la police affirme qu’il n’y a eu « aucune charge » des forces de l’ordre, visées selon elle par des projectiles. Plusieurs procédures sont en cours, dont une enquête administrative conduite par l’IGPN. Le Défenseur des droits Jacques Toubon s’est également auto-saisi.

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19h47 : Qu’est-ce que l’inspection générale de l’administration ?

Nos confrères de l’AFP se sont penchés sur cet organe rattaché au ministère de l’Intérieur. Il y exerce une mission de « contrôle supérieur », notamment de l’action des préfets. L’IGA est le corps d’inspection du ministre de l’Intérieur et dispose d’une « large compétence sur tous les personnels, services, établissements ou institutions qui relèvent du ministère de l’Intérieur » ainsi que sur les « services et organismes sur lesquels les préfets exercent leur contrôle », dont la police, selon le site du ministère.

Ses 60 inspecteurs, des hauts fonctionnaires issus de l’Ecole nationale d’Administration (ENA) pour la majorité, rendent « plus d’une centaine de rapports chaque année », selon Beauvau. En 2018, 30 % d’entre eux étaient consacrés à l’organisation de l’Etat et de ses services. Inspirée dès 1781 par le ministre des finances de Louis XVI Jacques Necker, l’IGA existe sous sa forme actuelle depuis 1948. C’est l’un des cinq grands corps administratifs de l’Etat avec le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Dans sa lettre de saisine consultée par l’AFP, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner demande au chef de l’IGA Michel Rouzeau d’examiner « les modalités de préparation des concerts de sound systems en vérifiant les dispositions prises en matière de sécurité des participants compte tenu des risques identifiés de sécurisation physique du site et de dimensionnement des dispositifs de police et de secours ». Ce dernier qui doit rendre ses conclusions le 4 septembre, est également chargé d’étudier « les conditions de gestion des incidents et plus particulièrement, les circuits d’information et de décision entre les services de l’Etat et ceux de la Ville de Nantes » lors de la Fête de la musique.

19h16 : La maire de Nantes Johanna Rolland « constate » que « l’IGPN n’est toujours pas en mesure de dire ce qui s’est passé »

La maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), a estimé mardi soir « troublant et inquiétant » que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ne soit pas « en mesure de dire ce qui s’est passé » lors de la Fête de la musique au cours de laquelle a disparu un jeune homme de 24 ans.

« Je constate qu’après 5 semaines d’enquête, l’IGPN n’est toujours pas en mesure de dire ce qui s’est passé dans la nuit du 21 au 22 juin dernier sur le quai Wilson à Nantes. C’est pour le moins troublant et inquiétant », a déclaré l’élu à l’AFP. « Comme depuis les premiers jours, je demande la vérité, la transparence doit être totale. Nul ne peut transiger sur la transparence quand il s’agit de la mort d’un homme », a ajouté l’élue.

Le 18 juillet, la maire de Nantes avait demandé des explications au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur l’opération de police intervenue en fin de nuit, lors de la Fête de la musique. Elle avait estimé qu’à cette occasion, il avait « été fait un usage de la force qui apparaît disproportionné » et que « plusieurs personnes » étaient alors « tombées dans le fleuve ».

18h37 : « 20 ans que les fêtards se réunissaient là chaque année », rappelle la coordination nationale des sound system

Des fêtes se déroulaient régulièrement depuis 20 ans en bord de Loire, là où s’est produit le drame qui a coûté la vie à Steve Maia Caniço, rappelle dans un communiqué la coordination nationale des sound system (CNS) qui dénonce les « risques énormes » entraînés par l’intervention policière ce soir-là.

« Cela faisait pourtant plus de 20 ans que les fêtards se réunissaient là chaque année. L’Etat avait donc conscience des risques énormes engendrés par une telle intervention (de la police, ndlr), il n’a pourtant pas hésité. Le message est clair, la répression est en marche ! », écrit dans un communiqué la CNS, une structure qui défend les musiques électroniques et les Free Parties.

« Steve est mort à cause de l’intervention policière le soir de la fête de la musique sur le quai Wilson à Nantes », estime la CNS. « Nous n’oublions pas non plus toutes celles et ceux qui chaque année meurent entre les mains de la police sans que jamais justice ne soit faite », écrit la coordination qui affirme ne pas vouloir « faire de Steve un symbole ». « Après avoir tenté tant d’années d’enrayer le phénomène Tekno en saisissant nos instruments de musique, l’Etat français se permet désormais de tuer, comme il le fait avec toutes celles et ceux qui ne rentrent pas dans le rang. Nous resterons donc unis face à la répression, quels que soient la musique, la couleur ou les lieux. Rien n’arrête un peuple qui danse », conclut le communiqué.

Tommy Vaudecrane, président de Technopol, organisateur de la Techno Parade, s’est dit « atterré par l’aplomb avec lequel le Premier ministre vient de dire qu’aucun lien ne pouvait être fait entre l’intervention (policière, ndlr) et la disparition de Steve. Autant dire qu’il s’est jeté à l’eau pour prendre un bain, ce sera la même chose ».

18h15 : Le rapport de l’IGPN sur les incidents survenus à Nantes dans la nuit du 21 au 22 juin 2019 dévoilé

Le ministère de l’Intérieur a rendu public les conclusions du rapport de l’IGPN à consulter ici.

 

L’intervention des forces de l’ordre à Nantes lors de la Fête de la musique, en riposte à de « très nombreux jets de projectiles », « était justifiée et n’est pas apparue disproportionnée », selon l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) publiée mardi.

 

La « police des polices » conclut également qu'« il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police (…) entre 04h et 04h52 quai Wilson à Nantes et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 04h dans le même secteur ». Le corps du jeune homme de 24 ans a été retrouvé lundi dans la Loire. « Il n’y a pas à remettre en cause l’intervention collective des forces de l’ordre », estime l’IGPN, qui précise toutefois qu’une autre enquête « spécifique » et « distincte » sera menée pour un « usage de la matraque sur une personne au sol pendant l’intervention ». « Des coups de matraque montrés par une vidéo sur une personne au sol pourraient constituer à l’égard de son auteur, non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force », est-il écrit.

 

16h29 : Edouard Philippe va saisir « l’inspection générale de l’administration pour aller plus loin »

Durant son intervention aux côtés du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le Premier ministre a annoncé saisir prochainement « l’inspection générale de l’administration pour aller plus loin et comprendre les conditions de l’organisation de l’événement par les pouvoirs publics, mairie et préfecture, ainsi que par les organisateurs privés. Les conclusions de l’inspection générale de l’administration sont attendues sous un mois. » Ces dernières seront rendues publiques.

 

« L'engagement du gouvernement, celui du ministre de l'Intérieur, mon engagement personnel, c'est de faire toute la lumière sur les causes de ce drame et d'en tirer toutes les conséquences. »

16h25 : Les conclusions du rapport de l’IGPN : « pas de lien entre la disparition de Steve et l’intervention de la police»

« Selon l’IGPN, il ne peut être établi de lien entre la disparition de Steve Maia Caniço et l’intervention de la police »

16h23 Edouard Philippe présente ses condoléances à la famille de Steve Maia Caniço

« Le décès de Steve Maia Caniço est un drame qui nous touche tous. Je voudrais exprimer mon émotion, celle du gouvernement et adresser à ses parents mes plus sincères condoléances et je souhaite les rencontrer prochainement ».

16h02 : Unanime, l’opposition rend hommage à Steve Maia Caniço et demande que justice lui soit rendue

« Toutes nos pensées à la famille et aux proches de Steve qui vivent des heures terribles. Il faut que la vérité et la justice s’imposent », s’est ému sur Twitter l’eurodéputé EELV Yannick Jadot. « Mourir à 24 ans, en France, un soir de Fête de la musique après une intervention policière. Pensées pour la famille de Steve et pour ses proches. Toute la lumière devra être faite sur ce qui s’est passé et qui restera, pour toujours, une honte », a réagi Ian Brossat, adjoint PCF à la maire de Paris, sur Twitter.

 

15h57 : Six procédures en cours

Après la découverte du corps de Steve et six semaines de recherches, le parquet a annoncé ce mardi l’ouverture d’une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire ». Cinq procédures sont en cours, dont une enquête administrative conduite par l'IGPN(Inspection générale de la police nationale), et dont les conclusions devraient être rendues cette semaine au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

 

15h52 : Le corps de Steve Maia Caniço repêché dans la Loire, une information judiciaire ouverte

Un corps, « dans un état de décomposition extrême », a été retrouvé lundi dans la Loire à Nantes au niveau du quai Ferrand non loin du quai Wilson, lieu de la disparition de Steve Maia Caniço. L'identité du jeune homme a été confirmée mardi matin.

Une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire » a été ouverte ce mardi matin à Nantes pour faire la lumière sur les circonstances du drame, a annoncé le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

15h45 : La disparition de Steve Maia Caniço coïncide avec une intervention policière controversée

Dans la nuit du 21 au 22 juin, des échauffourées avaient éclaté vers 4h30 entre participants à un concert et policiers venus exiger l’arrêt de la musique sur le quai Wilson, un endroit sans parapet de l’île de Nantes, sur la Loire.

 

Plusieurs participants avaient déclaré avoir été aveuglés par un nuage de gaz lacrymogène, certains avaient chuté de plusieurs mètres dans le fleuve. Au total, 14 personnes ont été repêchées par les secours durant la nuit. Steve Maia Caniço, lui, ne savait pas nager, selon ses proches. Le directeur départemental adjoint de la sécurité publique (DDSP) de Loire-Atlantique avait défendu ses troupes en affirmant qu’il n’y avait eu «aucune charge» des forces de l’ordre, visées selon elle par des projectiles. Plusieurs procédures sont en cours, dont une enquête administrative conduite par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) et dont les conclusions devraient être rendues cette semaine au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

15h39 : Steve Maia Caniço n’avait plus donné signe de vie depuis le 21 juin

Le jeune homme de 24 ans, animateur périscolaire, a disparu le soir de la Fête de la musique alors qu’il participait à une soirée techno quai Wilson, sur l’île de Nantes, avec des amis. Il a été aperçu pour la dernière fois dans la nuit de vendredi à samedi, vers 4 heures.

Bienvenue dans ce live consacré à la conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, après la découverte du corps de Steve Maia Caniço dans la Loire lundi.