Parquet de Paris (Illustration).
Parquet de Paris (Illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

ABOLITION DU DISCERNEMENT

Meurtre de Sarah Halimi: Le parquet de Paris annonce avoir fait appel de l'ordonnance des juges

Sarah Halimi, sexagénaire juive, a été tué en 2017 à Paris

Le parquet de Paris​ a interjeté l’appel ce lundi de l’ordonnance des  juges d’instruction chargés de l’enquête sur le meurtre de la sexagénaire juive  Sarah Halimi en 2017 à Paris, dans laquelle ils estimaient « plausible » l’abolition du discernement du suspect.

L’hypothèse des juges, signifiée vendredi dans une ordonnance, a relancé la crainte des parties civiles que le suspect, Kobili Traoré, 29 ans, ne soit jamais jugé, alors que le parquet de Paris avait réclamé le 17 juin son renvoi devant une cour d’assises pour « homicide volontaire » à caractère antisémite.

Une « bouffée délirante » selon les experts

Selon une source proche du dossier, les magistrats instructeurs, comme le prévoit la loi, devaient saisir la chambre de l’instruction « pour apprécier les suites médicales et juridiques » à donner à cette affaire, qui a déclenché il y a deux ans un vif débat médiatique. Vendredi, des avocats de parties civiles avaient déjà annoncé leur intention de faire appel de cette ordonnance.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d’une « bouffée délirante », selon les experts, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi -, âgée de 65 ans, au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l’appartement d’une famille d’amis qui s’étaient barricadés dans une chambre.

Irresponsabilité pénale ?

Aux cris d'« Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a agi lors d’une « bouffée délirante » provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération de son discernement.

Dans leur ordonnance, révélée par le Parisien, les juges estiment finalement qu’il y a des « raisons plausibles » de conclure à l’abolition du discernement de Kobili Traoré au moment des faits, autrement dit à son irresponsabilité pénale. Ils écartent également « la circonstance aggravante du caractère antisémite » du meurtre, selon une source proche du dossier.