Paris: «Des gilets noirs» occupent le Panthéon pour obtenir des papiers

MANIFESTATION Plusieurs centaines de sans-papiers ont occupé le monument historique pour demander une régularisation de leur situation et un rendez-vous avec le Premier ministre 

C.Po.

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Le Panthéon, à Paris, en octobre 2018.
Le Panthéon, à Paris, en octobre 2018. — Ludovic MARIN / AFP

Des centaines de « gilets noirs », un collectif de  travailleurs sans-papiers issus de 34 foyers d’lle-de-France, ont occupé  le Panthéon. L’action coup de poing a commencé ce vendredi peu après 13 h pour demander la régularisation de leur situation. Ils ont été délogé vers 17 h par les forces de l'ordre. La préfecture de police de Paris a confirmé qu’une « intrusion » a bien eu lieu, et un dispositif de sécurité a été déployé autour du bâtiment.

L’action, qui s'est déroulée dans le calme, visait à demander, outre leur régularisation, des conditions de vie décente: « 200.000 logements vides à Paris, déplore le collectif dans un communiqué. Les nôtres dorment sous les échangeurs du périphérique ». Le collectif demande également « la libération de [leurs] camarades «gilets noirs» prisonniers enfermés en centre de rétention ». 

Près d'une quarantaine d'interpellations

Trente-sept personnes ont été interpellées "suite à des vérifications d'identité", a indiqué une source policière à l'AFP en fin de journée. Les forces de l'ordre ont procédé à des charges et des tirs de gaz lacrymogènes pour repousser les soutiens et migrants les plus véhéments, ont constaté les journalistes de l'AFP. Plusieurs ont été pris en charge par des services de secours pour des plaies ou des malaises, ont-ils aussi constaté.

Les manifestants souhaitent également parler au Premier ministre. En début de soirée, Edouard Philippe a tweeté: "La France est un Etat de droit, dans tout ce que cela implique: respect des règles qui s'appliquent au droit au séjour, respect des monuments publics et de la mémoire qu'ils représentent".

En mai, le collectif avait déjà occupé l'aéroport de Roissy pour dénoncer la «collaboration» d'Air France dans les expulsions. En juin, ils avaient brièvement occupé le siège du groupe Elior, à la Défense, pour «dénoncer son business» réalisé avec des sans-papiers «non déclarés».