Meurtre au cimetière d’Estagel: La jeune femme a été victime d’une agression sexuelle

HOMICIDE Majeure depuis quelques semaines, la jeune femme a reçu cinq coups de couteau dans le cou. Elle est décédée par asphyxie, peut-être causée par l'un d'entre eux

Jerome Diesnis

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Un gendarme de la brigade de recherches. Illustration.
Un gendarme de la brigade de recherches. Illustration. — F. Lodi - Sipa
  • Prescillia, majeure depuis quelques semaines, a été tuée dans le cimetière de la commune d’Estagel, dans les Pyrénées-Orientales, le soir de la fête du village. Son agresseur n’a pas encore été identifié.
  • L’autopsie a révélé que la jeune victime est morte d’asphyxie. Elle a reçu cinq coups de couteau dans le cou dont l’un a touché la jugulaire et le larynx.
  • Elle a été retrouvée le bas du corps dénudé avec une ecchymose qui laisse à penser qu’elle a été victime d’une agression sexuelle. L’autopsie en revanche a écarté l’hypothèse d’un viol.

Prescillia, la jeune femme retrouvée morte dimanche dans le cimetière d’Estagel, dans les Pyrénées-Orientales, à une vingtaine de kilomètres de Perpignan, a très certainement fait l’objet d’une agression sexuelle avant d’être tuée. « L’autopsie a permis d’exclure le viol, a expliqué le procureur de la République adjoint, Bruno Albouy, lors d’une conférence de presse. Ceci étant, des traces de violence sexuelle ont été retrouvées, notamment une ecchymose. Elle était dénudée du bas du corps. On peut penser en conséquence qu’il y a eu violence sexuelle sans pour autant qu’il y a eu viol de la victime ».

Annoncée dans un premier temps comme mineure, la jeune femme avait en fait fêté ses 18 ans quelques semaines plus tôt, au cours du mois de mai. Présentée comme plutôt timide et réservée, souffrant d’une déficience intellectuelle et d’un handicap moteur léger, elle s’était rendue à la fête du village. Les gendarmes ont été prévenus par sa famille de sa disparition à 3 heures du matin. « A 3h09, une décision d’engagement d’une patrouille de la gendarmerie a été prise. Les gendarmes de Saint-Paul-de-Fenouillet sont arrivés sur place à 3h40. Ils sont effectués des recherches jusqu’à 5h13 », souligne le colonel Guillaume Poumeau de Lafforest, commandant du groupement des Pyrénées-Orientales.

Quarante enquêteurs travaillent à plein temps sur ce meurtre

Le corps a été retrouvé à 9h58 par une personne qui venait se recueillir sur la tombe d’un proche. « Elle n’a pas été transportée à cet endroit », précise le procureur. Elle serait décédée a priori entre 3 et 5 heures du matin, mais les fortes chaleurs ce jour-là perturbent les résultats de l’autopsie et demandent des analyses plus poussées. L’heure de sa disparition en revanche est encore inconnue. « C’était la fête du village. Au vu de la confusion de l’agenda de la jeune fille lors de la première partie de soirée, il est à l’heure actuelle impossible de connaître l’heure de sa disparition », détaille le lieutenant-colonel Stéphan Prudelle, commandant en second de la section de recherche de Montpellier en charge de l’enquête. Quarante enquêteurs travaillent à plein temps sur ce meurtre afin notamment de reconstituer l’agenda de sa soirée.

L’autopsie menée au centre hospitalier de Montpellier a permis de déterminer qu’elle avait été victime de cinq coups de couteau portés au niveau du cou, reçus de face. « Trois entailles superficielles sans aucune conséquence et deux entailles beaucoup plus profondes. L’une de ces plaies a touché la jugulaire gauche et le larynx. Mais le décès n’est pas en lien direct avec ces coups de couteau, détaille le procureur de la République. Il est en lien avec un syndrome d’asphyxie, d’étouffement. Il existe deux causes possibles à sa mort : il peut être le résultat d’une embolie gazeuse en lien avec la liaison à la jugulaire ou le résultat d’une suffocation mécanique (par pression exercée sur la bouche et le nez). A la minute où nous parlons, les médecins légistes ne sont pas capables de déterminer l’origine de ce syndrome d’asphyxie. Des expertises biologiques devront être réalisées ». Les enquêteurs ne privilégient aucune piste.