VIDEO. Mort de Zineb Redouane à Marseille: Quand l'IGPN ne parvient pas à faire expertiser des lance-grenades

ENQUETE Les enquêteurs en charge de faire la lumière sur la mort de Zineb Redouane après un tir de lacrymogène n’ont pas fait d’expertise des armes des CRS

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant rend hommage à Zineb Redouane
Un manifestant rend hommage à Zineb Redouane — Gérard Julien / AFP

Les proches d’une octogénaire décédée après avoir été touchée par une grenade lacrymogène à Marseille s’indignent que les enquêteurs ne soient pas parvenus à faire expertiser après le drame les armes de la police, le commandant des CRS répondant en avoir besoin pour d’autres manifestations.

Une nouvelle plainte déposée par Me Yassine Bouzrou, conseil de quatre des cinq enfants de Zineb Redouane qui se sont portés partie civile, et révélée mercredi par le Canard enchaîné, fait état des échanges entre la « police des polices » (IGPN) et le chef de la compagnie de CRS présente sur les lieux le soir du drame.

Refus de remettre les armes

Dans le cadre d’une information judiciaire, l’IGPN demandait de « neutraliser le fusil Cougar lanceur de grenade MP7 utilisé » afin qu’il soit expertisé, résume ce texte. Mais le capitaine des CRS aurait répondu n’avoir pu identifier le tireur et a fortiori le lance-grenades, parmi les cinq dont est dotée son unité, et aurait refusé de remettre l’ensemble de ces armes aux enquêteurs, alors que le mouvement des « gilets jaunes » battait son plein fin 2018.

« Pour ne pas obérer la capacité opérationnelle de l’unité lors de cette période de mouvements revendicatifs intenses, je ne peux me démunir des cinq armes "Cougar" aux fins d’analyse », justifie-t-il par écrit, selon les plaignants. A leur connaissance, sept mois plus tard, le lance-grenades n’a toujours pas été analysé : « des éléments de preuves indispensables ont ainsi été soustraits à la justice et altérés », regrettent-ils.