Fuite des sujets au bac: Une fraude plus importante qu'estimée au départ?

TRICHERIE Treize lycéens, dont six mineurs, ont été interpellés ce mardi dans le cadre de l'enquête sur les fuites à l'épreuve de mathématiques du bac

Caroline Politi

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Une épreuve du baccalauréat 2019. (Illustration)
Une épreuve du baccalauréat 2019. (Illustration) — FREDERICK FLORIN / AFP
  • L’enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la police judiciaire parisienne, a permis d’établir que les sujets ont principalement été relayés via la messagerie WhatsApp ou par SMS.
  • Si les investigations se poursuivent, selon nos informations, les premiers éléments laissent penser que la fraude est plus importante qu’estimée au départ.

La rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre quelques heures à peine après la fin de l’épreuve de mathématiques du bac : certains candidats étaient en possession des sujets la veille au soir. Ce mardi, près d’une semaine et demie après l’épreuve, treize lycéens, dont six sont mineurs, ont été placés en garde à vue à Paris,​ en Ile-de-France et à Marseille pour « fraude aux examens, abus de confiance et recel de ce délit ». Plusieurs perquisitions ont également été menées au domicile des gardés à vue.

L’enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la police judiciaire parisienne, a permis d’établir que les sujets ont principalement été relayés via la messagerie WhatsApp ou par SMS. « Mon client a reçu la veille au soir le sujet de l’épreuve de maths par un ami alors qu’il n’avait rien demandé », explique Me Daniel Fellous, qui défend un des gardés à vue, lycéen dans un établissement réputé du 15e arrondissement de Paris. Selon le conseil, son client, tout juste majeur, a reconnu au cours de l’audition avoir fait un corrigé de l’épreuve qu’il a transmis à son tour. « Il ignore comment les sujets ont fuité », précise l’avocat. On ignore encore si l’auteur de la fuite fait partie du coup de filet.

Quelle est l’ampleur de la fraude ?

Reste désormais des questions en suspens. Quelle est l’ampleur de la fraude ? Combien de candidats ont eu accès à l’épreuve ou aux corrigés avant le début de l’épreuve ? Le ministère de l’Education s’était refusé à annuler l’épreuve, estimant que les tricheries étaient extrêmement limitées. « Ces suspicions de fuite concernent une zone géographique limitée : trois à quatre établissements d’Ile-de-France dans lesquels des candidats auraient reçu par réseaux privés les sujets et non pas par des réseaux sociaux, en amont des épreuves », avait déclaré Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale, lors d’un point presse.

Si les investigations se poursuivent, selon nos informations, les premiers éléments laissent penser que la fraude est plus importante qu’estimée au départ. Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Education nationale​ « prend note de l’évolution de l’enquête », mais ne souhaite pas pour l’heure, commenter ces interpellations.