Angers: Cinq des sept agents de la brigade des mineurs sont en arrêt maladie en même temps

SURCHARGE DE TRAVAIL Les policiers doivent traiter de plus en plus dossiers, qui sont eux-mêmes de plus en plus violents et durs à gérer émotionnellement

20 Minutes avec agences

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La police. (illustration)
La police. (illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Que se passe-t-il à la brigade de protection des familles d’Angers ? Cinq des sept agents sont en arrêt maladie depuis le début de la semaine, selon la direction départementale de la sécurité publique et des syndicats.

En cause, un service surchargé. « Ça fait des mois qu’on attire l’attention de notre hiérarchie sur la situation de cette brigade, dont la charge de travail ne cesse de s’accroître », dénonce le secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police, évoquant des agents « épuisés mentalement et physiquement ».

Une hausse des violences avec l’arrivée de mineurs non accompagnés

« A effectif identique, le nombre de dossiers traités est passé de 500 en 2015 à 600 cette année », poursuit le syndicaliste. « Mais la nature même des affaires et des procédures s’est alourdie. » Violences (sexuelles ou non) sur mineurs, femmes battues, disparitions… La brigade des mineurs intervient sur toutes les formes de violences familiales, hélas en hausse en Maine-et-Loire, admet le procureur de la République d’Angers.

« La vague d’arrivée de mineurs non accompagnés a pesé, explique le procureur Yves Gambert. L’augmentation des violences à connotation sexuelle – inceste, viols, pédophilie… – aussi, celles-là mêmes qui demandent du temps et esquintent le plus. »

De son côté, le directeur département de la sécurité publique évoque un « problème conjoncturel », à savoir « l’accumulation de dossiers sensibles, avec une charge émotionnelle forte ». Il tient à souligner qu’un « soutien psychologique individuel et anonymisé est possible 24h/24 » pour les agents, et que « des débriefings collectifs peuvent être organisés dans n’importe quel service qui le demande ».