Fusillade à Brest: «Il m’a ordonné d’égorger l’imam»… La lettre délirante postée par le tireur sur les réseaux sociaux

ENQUÊTE Le suspect, qui s’est suicidé, a blessé deux personnes, dont l’imam de la mosquée

Manuel Pavard

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Le quartier brestois de Pontanézen a été bouclé par la police après la fusillade, jeudi après-midi.
Le quartier brestois de Pontanézen a été bouclé par la police après la fusillade, jeudi après-midi. — Vincent Gicquel / 20 Minutes

Au lendemain de la fusillade devant une mosquée à Brest (Finistère), on en sait un peu plus sur le tireur présumé. Jeudi après-midi, ce dernier a tiré plusieurs coups de feu sur un groupe de personnes devant la mosquée de Pontanézen, un quartier de la ville finistérienne, blessant deux personnes, dont le médiatique et controversé imam Rachid El Jay. Quelques heures plus tard, il a été retrouvé mort à côté de son véhicule à Guipavas, une commune limitrophe de Brest. Selon une source proche de l’enquête, il se serait tiré une balle dans la tête.

Depuis, les informations commencent à filtrer sur l’auteur des coups de feu. De source policière, l’homme n’était pas fiché ni connu pour son appartenance à un mouvement d’extrême droite ou islamiste radical. D’après Le Télégramme, il avait posté une lettre manuscrite sur les réseaux sociaux, que nous avons pu consulter. Celle-ci semble confirmer le profil dévoilé par les enquêteurs, qui évoquaient un « déséquilibré ».

« Il m’a dit que si je ne le tuais pas, c’est ma mère, mon père et ma sœur qui seraient tués »

Karl F., né à Paris il y a 21 ans, habitait à Lyon depuis trois ans. « Je suis une personne simple, qui a une vie banale », écrit-il en préambule, précisant avoir travaillé dans la restauration, la livraison, la préparation de commande, puis comme agent d’entretien, son dernier poste. Il raconte avoir été accosté par une camionnette noire le 18 avril, en rentrant chez lui : « Au moment où j’ai fermé la porte de ma voiture, la porte coulissante de la camionnette s’ouvrit et trois hommes cagoulés en sont sortis, ils m’ont forcé à rentrer dans la camionnette ».

« Terrifié », le tireur indique que l’un des hommes lui a donné des informations que lui seul pouvait connaître sur sa vie et sa famille, avant d’ajouter : « Il m’a ordonné d’égorger l’imam de Brest Rachid El Jay. (…) Il m’a dit qu’il fallait que je passe à l’acte entre le 15 et le 30 juin. » Karl F. affirme avoir demandé des explications et avoir reçu pour seule réponse « un coup de poing dans le ventre » et cette phrase : « Il m’a dit que si je ne le tuais pas, c’est ma mère, mon père et ma sœur qui seraient tués. »

« Ils m’ont implanté une puce dans le bras »

La suite de la lettre est dans la même veine paranoïaque. Selon le tireur, l’homme qui l’a menacé aurait ensuite reçu un coup de téléphone où s’affichait le nom d’un ancien chef de la DGSI. « Ça doit être une mafia très puissante qui se sert de moi pour tuer un de leurs ennemis », écrit-il, affirmant que ces hommes lui auraient ensuite « implanté une espèce de puce dans le bras ».

« Je pense qu’ils vont me tuer quoi que je fasse, j’en sais trop, poursuit-il. Si la presse et Internet sont au courant de cette histoire, alors j’ai peut-être une chance de m’en sortir. » Karl F. conclut : « Je suis profondément désolé auprès des proches de Rachid El Jay, je n’avais pas le choix. J’ai écrit ce message juste avant de passer à l’acte. Après, j’essaierai de m’arracher la puce et de me cacher le plus longtemps possible. » Le post Facebook se termine par une copie de sa carte d’identité.