Jacques Rançon, le «tueur de la gare de Perpignan», entendu sur un meurtre vieux de 33 ans

ENQUETE Il est interrogé par les gendarmes au sujet du meurtre non élucidé d’une jeune informaticienne en 1986

Thibaut Chevillard
— 
Jacques Rançon, 59 ans, a été condamné en 2018 à la prison à vie pour avoir violé, tué et atrocement mutilé deux femmes à la fin des années 1990.
Jacques Rançon, 59 ans, a été condamné en 2018 à la prison à vie pour avoir violé, tué et atrocement mutilé deux femmes à la fin des années 1990. — AFP
  • Surnommé le « tueur de la gare de Perpignan », Jacques Rançon a été extrait de la prison de Béziers mardi matin et a été placé en garde à vue.
  • Condamné l’an dernier à perpétuité pour les viols et meurtres de deux jeunes femmes à la fin des années 1990, il est soupçonné d’avoir commis un autre homicide près d’Amiens à l’été 1986.

Le « tueur de la gare de Perpignan » n’a peut-être pas encore livré tous ses secrets. Condamné en 2018 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre de deux jeunes femmes à Perpignan à la fin des années 1990 et pour l’agression d’une troisième, Jacques Rançon, 59 ans, a été extrait de la prison de Béziers mardi matin afin d’être placé en garde à vue par les enquêteurs de la section de recherche d’Amiens, apprend 20 Minutes de source proche du dossier. Les gendarmes se demandent s’il n’aurait pas commencé son parcours criminel en tuant une jeune femme, il y a 33 ans, près d' Amiens dans la Somme.

Malgré l’acharnement des enquêteurs, le meurtre d’Isabelle Mesnage, 20 ans, n’a jamais été élucidé. Cette jeune informaticienne s’était volatilisée le 28 juin 1986. Son corps avait été retrouvé cinq jours plus tard par un agriculteur à Cachy, une petite ville à l’est d’Amiens, gisant aux abords d’un chemin de randonnée. Ses vêtements étaient en partie déchirée et des objets lui appartenant avaient été retrouvés disséminés à proximité de son cadavre. Une information judiciaire avait été ouverte le 11 juillet de la même année. Mais faute d’éléments, le juge d’instruction avait rendu une ordonnance de non-lieu en 1992.

Des similitudes dans le mode opératoire

L’affaire aurait pu en rester là. Mais en mars 2018, les avocats de sa famille découvrent qu’un homme est jugé à Perpignan pour les viols suivis des meurtres de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, et de Mokhtaria Chaïb, 19 ans. Toutes deux ont été mutilées après leur mort, « un peu comme le corps d’Isabelle Mesnage », confie à 20 Minutes une source proche du dossier. En outre, l’accusé est Picard et il a déjà sévi à au moins deux reprises à Amiens. En 1994, il a écopé de huit ans de prison pour avoir violé une femme deux ans plus tôt. Puis, en 1999, il a été condamné à cinq ans de réclusion supplémentaires pour une agression commise dans un parc de la ville.

Après intervention des avocats de la famille de la jeune femme, le parquet a finalement décidé de rouvrir l’enquête. Elle est confiée depuis octobre à deux juges d’instructions. De nouvelles investigations ont permis de confirmer que Jacques Rançon « se trouvait dans la région en 1986 », assure un proche du dossier. Tous ces éléments nouveaux expliquent pourquoi les enquêteurs en charge du dossier d’Isabelle Mesnage ont décidé d’entendre Jacques Rançon dans les locaux de la gendarmerie de Béziers. Espérant qu’il leur confiera ses derniers secrets.