Les ravisseurs présumés de l’infirmière polonaise étaient «en mode Rambo» en Alsace, selon un enquêteur

ENQUETE Jolanta Szewczyk a été retrouvée mardi avec ses ravisseurs présumés par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Strasbourg dans la forêt de Haguenau, dans le Bas-Rhin. 20 Minutes fait le point sur l’affaire

Nils Wilcke

— 

L'appel à témoins lancé par la police nationale
L'appel à témoins lancé par la police nationale — Capture d'écran Twitter
  • Jolanta Szewczyk a été retrouvée mardi avec ses ravisseurs présumés dans la forêt de Haguenau, dans le Bas-Rhin.
  • Les recherches pour mettre la main sur les deux ravisseurs présumés et leur victime se sont étalées sur une semaine, mobilisant des forces de police françaises, allemandes et polonaises.
  • L’un des ravisseurs présumés prétend ne pas avoir accepté une séparation avec la victime pour expliquer cet enlèvement.

Elle a été retrouvée mardi avec ses ravisseurs par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Strasbourg dans la forêt de Haguenau, dans le Bas-Rhin. Une intervention qui met un terme aux efforts des enquêteurs sur les traces de Jolanta Szewczyk, victime d’un enlèvement le 3 juin à Stuttgart, en Allemagne. Ce sont ses collègues de travail qui avaient donné l’alerte, inquiets de ne pas la voir prendre son poste. 20 Minutes fait le point sur l’affaire.

Comment se porte la victime ?

L’état de Jolanta Szewczyk, cette infirmière polonaise enlevée il y a une semaine, décrite « en état de choc » par des sources policières, n’inspire plus d’inquiétudes aux médecins. Blessée à la cheville, où subsiste une trace de brûlure causée par de l’eau bouillante, elle reste néanmoins « sous surveillance », selon nos informations.

Quel est le profil des ravisseurs présumés ?

Les enquêteurs de la police judiciaire (PJ) de Strasbourg concentrent désormais leurs efforts pour comprendre les motifs des ravisseurs présumés de cette femme de 46 ans. Les deux hommes, âgés respectivement de 51 et 23 ans, de nationalité polonaise, ont été interpellés dans la forêt d’Haguenau au terme d’une enquête européenne, conduite par les policiers français et allemands avec le soutien de leurs homologues polonais.

L’homme de 51 ans, l’ex-compagnon de Jolanta Szewczyk, est décrit comme « impulsif et dangereux », par une source policière. « Il s’était mis en mode Rambo », précise un enquêteur. Ils avaient dressé un campement dans la clairière où nous les avons retrouvés. Ils étaient bien équipés avec des couvertures de survie et du matériel de camping. »

Comment les enquêteurs ont-ils retrouvé la victime ?

La PJ avait lancé un appel à témoins après la disparition en Allemagne de l’infirmière, ayant établi « avec certitude » qu’elle avait été victime d’un enlèvement. « Nous étions très prudents car nous n’étions pas certains de leurs intentions. Le risque étant qu’ils laissent un cadavre derrière eux, explique une source proche de l’enquête. L’avis de recherche précisait d’ailleurs aux éventuels témoins de « ne pas tenter d’intervenir » compte tenu de la possible dangerosité des deux hommes recherchés.

Des investigations ont été menées à l’aide d’un hélicoptère de la gendarmerie et des brigades cynophiles. Un camping-car, dans lequel ce suspect avait été vu en train de prendre place en Allemagne, peu après l’enlèvement, avait été retrouvé vide dans une forêt à proximité de Schweighouse-sur-Moder, à une trentaine de kilomètres au nord de Strasbourg. Ce qui a permis aux enquêteurs de concentrer leurs recherches sur ce secteur. « Nous avons posé une souricière sur place pour les retrouver », précise notre source.

Pourquoi a-t-elle été enlevée ?

« Elle aurait été enlevée pour des raisons sentimentales, indique à 20 Minutes l’un des enquêteurs. » L’un des deux hommes, âgé de 51 ans, était en effet l’ex-conjoint de la victime. Il prétend ne pas avoir accepté une séparation avec Jolanta Szewczyk. Cette dernière avait été kidnappée juste avant de rejoindre son compagnon avec lequel elle souhaitait rompre. Les auditions se poursuivent pour « clarifier » les motifs des deux hommes qui sont toujours entendus pour « enlèvement et séquestration ».