Saint-Nazaire: soupçons de violences sexuelles, plainte et crise ouverte au conseil municipal

SOCIETE Un adjoint au maire, mis en cause pour des violences sexuelles, a déposé plainte pour diffamation contre la première adjointe

Frédéric Brenon

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Laurianne Deniaud est membre du Parti socialiste.
Laurianne Deniaud est membre du Parti socialiste. — F.Dufour/AFP
  • Martin Arnout, adjoint au maire, est mis en cause pour des violences sexuelles survenues sur une autre élue nazairienne.  
  • Il a déposé plainte pour diffamation contre Laurianne Deniaud.
  • Neuf élus du conseil municipal soutiennent la démarche de Laurianne Deniaud dans une lettre ouverte.

Le bureau municipal de Saint-Nazaire traverse une crise exceptionnelle. L’adjoint au maire en charge des finances, Martin Arnout (PS), a porté plainte le 13 mai pour diffamation contre la première adjointe, Laurianne Deniaud (PS). Il lui reproche de l’avoir accusé, lors d’une réunion interne, d’avoir commis des violences sexuelles à l’encontre d’une autre élue du conseil municipal nazairien.

Visée par la plainte, Laurianne Deniaud et plusieurs autres personnes ont explicité leur démarche mercredi soir au moyen d’une longue lettre ouverte cosignée par cinq adjoints et quatre conseillers municipaux.  

« Ils ne nous feront pas taire »

Ils expliquent avoir alerté le maire de Saint-Nazaire « il y a plus d’un an » au sujet de « faits très graves » commis par un adjoint. Ils évoquent un « climat de sexisme ambiant et oppressant à la mairie », « une affaire de violences sexuelles », « des inquiétudes sur un environnement de travail » et une « loi du silence qui perdure ».

Les dix signataires considèrent que la plainte en diffamation déposée par « l’élu en cause » s’inscrit dans une « stratégie délibérée de bâillonner celles et ceux qui accordent un soutien aux victimes et qui dénoncent des agissements qui n’ont plus lieu d’être ». « Une nouvelle fois des hommes veulent museler les femmes qui parlent et dénoncent des violences subies. C’est inacceptable », poursuit le texte qui conclut par un « ils ne nous feront pas taire ».

« Un contentieux qui ne concerne pas les affaires communales »

Embarrassé par la situation, le maire de Saint-Nazaire, David Samzun (PS), rapporte, dans un communiqué, avoir alerté la procureure de la République. « Elle m’a fait savoir qu’elle allait immédiatement diligenter une enquête », indique-t-il. Il se défend également d’avoir fait preuve de laxisme. « Lorsque j’ai été saisi de rumeurs d’abus sexuels au sein de l’équipe municipale, j’ai invité toute personne qui serait en difficultés de ce fait à s’entourer de toutes les formes de conseils et d’accompagnements disponibles et à déposer plainte auprès des services de police ou de gendarmerie. »

« La justice étant saisie, il appartient aux parties de s’expliquer devant elle. Je ne ferai donc aucun commentaire sur un contentieux qui ne concerne pas les affaires communales », prévient David Samzun.

Laurianne Deniaud a été auditionnée plusieurs heures par la gendarmerie. En revanche, aucune plainte pour agression sexuelle ne semble avoir été déposée, à ce jour, à l’encontre de Martin Arnout. Sollicité par 20 Minutes, ce dernier n’a pu être joint.