Orne: La piste Fourniret étudiée pour la disparition d'une jeune femme

ENQUETE Cette disparition a déjà fait l’objet de deux enquêtes, de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, qui ont toutes deux abouti à des non-lieux, avant que la piste Michel Fourniret ne relance de nouvelles recherches

20 Minutes avec AFP

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Michel Fourniret, le 13 novembre 2018 devant la cour d'Assises de Versailles.
Michel Fourniret, le 13 novembre 2018 devant la cour d'Assises de Versailles. — Benoit PEYRUCQ / AFP
  • Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol.
  • Le 16 novembre 2018, il a été à nouveau condamné à la perpétuité pour l’assassinat en 1988 de Farida Hammiche.
  • Lydie Loge a été vue pour la dernière fois le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne). Le tueur en série pourrait être à l’origine de sa disparition.

Une nouvelle disparition liée à Michel Fourniret ? C’est l’hypothèse du parquet d’Argentan ( Orne), qui a rouvert une enquête sur la disparition de Lydie Lodge en 1993, car il y a une « petite probabilité » que le tueur en série en soit à l’origine, a-t-on appris ce vendredi auprès du procureur.

« On a pu établir un rapprochement entre les traces ADN issues de composés organiques trouvés dans la camionnette de Michel Fourniret et l’ADN de la famille de la personne disparue » mais « la probabilité qu’il y ait un lien est petite », du fait des techniques d’enquête et de l’ancienneté des matériaux, a indiqué vendredi à l’AFP le procureur de la République à Argentan, Hugues de Phily.

Une technique d’identification contestée

C’est ce qu’ont montré en février 2019 les résultats des examens ordonnés par le parquet a des fins de comparaisons des ADN dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en juin 2018 par le parquet d’Argentan, sollicité par l’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP).

Lydie Loge a été vue pour la dernière fois le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne). Selon le Parisien, qui a révélé l’affaire, elle était âgée de 29 ans. Le parquet a juste confirmé qu’il s’agissait d’une jeune femme. La probabilité d’un lien avec Michel Fourniret est « très ténue parce qu’on est sur une technique qui s’appuie sur l’ADN mitochondrial » et non de l’ADN nucléaire avec lequel on peut avoir des certitudes « à quasi 100 % ». « D’où ma très grande réserve. C’est le seul » élément dont disposent les enquêteurs pour alimenter « l’hypothèse Fourniret qui apparaît pour la première fois en 2018 », a insisté le magistrat.

Consulter l’agenda du tueur en série

A la question de savoir s’il était exact que la probabilité d’un lien était d’autant plus faible que Michel Fourniret était censé se trouver en Belgique à l’hiver 1993, Hugues de Phily a répondu : « C’est précisément l’objet de l’enquête, reprendre l’agenda ».

Cette disparition a déjà fait l’objet de deux enquêtes, de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, qui ont toutes deux abouti à des non-lieux. Les enquêteurs avaient privilégié l’entourage familial très proche. Suicide, disparition volontaire ou non, « rien n’a permis de privilégier une piste », précise le procureur.

Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol. Le 16 novembre 2018, il a été à nouveau condamné à la perpétuité pour l’assassinat en 1988 de Farida Hammiche.