VIDEO. Alsace: Incendies en série de campements de «gilets jaunes», deux plaintes déposées

FAITS DIVERS Les QG des « gilets jaunes » alsaciens partent en fumée les uns après les autres. A Erstein, dans le Bas-Rhin, des manifestants ont porté plainte

Nils Wilcke

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Des « gilets jaunes » manifestent à Colmar le 9 novembre 2018.
Des « gilets jaunes » manifestent à Colmar le 9 novembre 2018. — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • Deux QG de « gilets jaunes » ont été incendiés dans la nuit de vendredi à samedi à Horbourg-Wihr près de Colmar et à Erstein, au sud de Strasbourg.
  • En « colère », les « gilets jaunes » ersteinois ont porté plainte contre X pour destruction du bien d’autrui.
  • Ils ont annoncé leur volonté de reconstruire leur campement.

EDIT: Les « gilets jaunes » de Horbourg-Wihr attendent d'avoir l'accord du propriétaire du terrain qu'ils occupent pour porter plainte, a appris 20 Minutes de l'un de leurs représentants. 

Les campements de « gilets jaunes » dans le Bas-Rhin sont-ils la cible d’incendiaires ? Leurs QG ont été incendiés dans la nuit de vendredi à samedi à Horbourg-Wihr dans le secteur de Colmar mais aussi à Erstein, au sud de Strasbourg. Ces incendies mettent en colère les « gilets jaunes » qui ont décidé de réagir sur le terrain judiciaire.

A Erstein, deux plaintes contre X ont été déposées dimanche, l’une par le propriétaire du terrain pour dégradation, l’autre par le porte-parole du mouvement local pour destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, confirme auprès de 20 Minutes la brigade de Sélestat. Une enquête a été ouverte dans la foulée. De leur côté, les « gilets jaunes » de Colmar attendent d'avoir l'accord du propriétaire du terrain qu'ils occupent pour porter plainte.

« Pour nous, ce n’est pas un accident »

L’incendie d’Erstein était-il accidentel ou un acte délibéré ? La gendarmerie refuse de se prononcer à ce stade l’enquête, précisant simplement que « toutes les hypothèses sont ouvertes ». De leur côté, les « gilets jaunes » ersteinois voient dans ces incendies une « volonté appuyée du gouvernement de précipiter la fin du mouvement à une semaine des élections européennes », selon leur communiqué.

A Erstein (67), le QG des « gilets jaunes » est parti en fumée dans la nuit de vendredi à samedi.
A Erstein (67), le QG des « gilets jaunes » est parti en fumée dans la nuit de vendredi à samedi. - S.Wilcke

Sans aller jusqu’à accuser le gouvernement, le même sentiment de colère prédomine chez les « gilets jaunes » de Colmar. Après le QG de la rue du Ladhof, suivi de celui de la rue de Morat, près de l’avenue de Lorraine, le campement de Horbourg-Wihr est le troisième à partir en fumée. « Pour nous, ce n’est pas un accident », explique Julie, qui appartient au groupe des « gilets jaunes » d’Horbourg-Wihr.

« Deux personnes à moto avant le sinistre »

Vendredi soir, un premier départ de feu, signalé peu avant minuit par un habitant du coin, avait été rapidement circonscrit par les pompiers. Sur place, les pompiers avaient isolé des bouteilles de gaz. L’une d’entre elle aurait explosé. « Un voisin nous a prévenus de la présence de deux personnes à moto aux environs de 22h30, avant le sinistre. A minuit, on a été appelés parce que le QG brûlait. C’est une drôle de coïncidence », raconte Julie.

Un second incendie s’est déclenché sur le même site vers 4 heures du matin. « Pour moi, les responsables du premier incendie n’étaient pas satisfaits car les pompiers avaient sauvé une partie du QG et ils sont venus finir le travail », affirme la « gilet jaune ». Dans les deux cas, aucune victime n’est à déplorer.

En attendant, les bâtisseurs n’ont pas perdu espoir de reconstruire leur campement. Les membres de l’équipe d’Erstein prévoient la reconstruction de leur QG, dès ce vendredi, et affirment, en fin de communiqué, leur volonté de faire leur propre enquête en parallèle de l’enquête des forces de l’ordre.