Affaire Péchier: Une expertise défavorable contestée par la défense de l’anesthésiste

JUSTICE La défense de Frédéric Péchier dénonce « une volonté de nuire »

20 Minutes avec AFP

— 

Frédéric Péchier
Frédéric Péchier — SEBASTIEN BOZON / AFP

L’anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir empoisonné 24 patients à Besançon, a « de nombreux traits de personnalité (qui) viennent légitimement alimenter une suspicion », selon une expertise psychocriminologique révélée ce dimanche et contestée par ses avocats.

L’Est Républicain a publié dimanche des extraits d’une expertise de 44 pages – rédigée fin avril par deux experts à la demande d’une juge d’instruction –, qui présente le Dr Péchier comme ayant « une personnalité complexe, organisée sur un mode pervers, avec une composante narcissique ».

Mis en examen pour 17 nouveaux cas d’empoisonnement de patients

Le Docteur Péchier a été mis en examen jeudi pour 17 nouveaux cas d'empoisonnement de patients, dont sept n’ont pas survécu, et laissé libre sous contrôle judiciaire. Il avait déjà été mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements présumés, dont deux mortels.

Le médecin de 47 ans, qui reste présumé innocent, a interdiction d’exercer et de se rendre à Besançon ou dans la commune voisine où il réside.

Une volonté de nuire ?

« La seule vocation de cette expertise, c’est de nuire au docteur Péchier et à la prochaine audience devant la chambre de l’instruction », a réagi l’un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, se disant « consterné » par la diffusion dans la presse du document judiciaire.

La chambre de l’instruction doit examiner dans les prochaines semaines l’appel du parquet contre le placement sous contrôle judiciaire de l’anesthésiste. Le procureur, Etienne Manteaux, avait requis son incarcération après sa mise en examen.

« Cette expertise est contestable »

« Cette expertise est contestable, aussi bien dans sa qualité que dans son contenu » car les experts se sont appuyés sur des éléments du dossier sans jamais rencontrer M. Péchier, a souligné Me Schwerdorffer.

« Je ne sais pas ce qu’est la psychocriminologie. Ce n’est pas une science reconnue, ce n’est pas une science qui fait autorité en matière judiciaire », a-t-il dit.

Des poches de soluté polluées ?

L’accusation soupçonne l’anesthésiste d’avoir « pollué des poches de soluté de réhydratation ou des poches de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium » de patients âgés de 4 à 80 ans, alors qu’ils étaient opérés entre 2008 et 2016.

Il aurait agi « dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens », selon le procureur.