Marseille : Sa voiture tombe à la mer depuis la corniche… Le conducteur est retrouvé vivant trois jours après aux Terrasses du Port

FAITS DIVERS Le trentenaire, interpellé grâce au signalement de sa maîtresse, dit avoir demandé à des gitans de faire disparaître sa voiture.

C.D.

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La corniche Kennedy à Marseille
La corniche Kennedy à Marseille — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Sa maîtresse l’a décrit aux policiers comme un mythomane. Vendeuse dans une grande enseigne des Terrasses du Port à Marseille, c’est elle qui a fini lundi par appeler la police, mettant fin à une rocambolesque histoire de fausse disparition qui a mobilisé pompiers et enquêteurs de police durant tout un week-end. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, devra d’ailleurs comparaître devant le tribunal correctionnel pour le fait d’avoir « communiqué ou divulgué une fausse information faisant croire à un sinistre et de nature à provoquer l’intervention inutile des secours ». L’infraction est passible de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

Des plongeurs et un hélicoptère mobilisés

L’histoire a commencé vendredi vers 3 heures du matin, lorsque les marins-pompiers sont alertés de la chute d’une voiture à la mer, en contrebas de la Corniche Kennedy, au niveau du mémorial des Rapatriés. Ils se rendent vite compte qu’il n’y a pas de corps dedans. Des plongeurs et un hélicoptère sont mobilisés pour les recherches en mer. Celles-ci n’aboutissement pas alors que la houle, peu présente, n’aurait pas fait dériver un corps très loin. Et un pavé retrouvé au niveau du siège conducteur met vite la puce à l’oreille aux enquêteurs, qui excluent rapidement la thèse de l’accident ou du suicide, malgré une lettre du conducteur, retrouvée dans sa pizzeria du 9e arrondissement.

Durant le week-end, les enquêteurs auditionnent ses proches et passent au crible ses comptes bancaires et relevés téléphoniques. Le lundi, lorsque le trentenaire est emmené au commissariat de Noailles, le lien est vite fait avec l’affaire de la fausse disparition. En garde à vue, le trentenaire se dit criblé de dettes, alors que la police a retrouvé chez lui des montres de valeur, a-t-on appris de source proche de l’enquête. L'homme affirme aussi avoir fait demander à des gitans de faire disparaître sa voiture, sans, dit-il, connaître la façon dont ceux-ci allaient s’y prendre.

Pendant ces deux jours où il était recherché, l’homme était en Espagne. Il s’est décidé à revenir lundi à Marseille semble-t-il pour des raisons sentimentales. Le personnage et ses motivations restent cependant assez flous, « et l’histoire très louche », selon cette même source proche de l’enquête.