Oise: Le policier qui enquêtait sur un soupçon de viol était l'amant de la plaignante

FAITS DIVERS Deux policiers de Creil ont été mis en examen pour « faux en écriture publique » après que l’un d’entre eux a été reconnu comme l’amant d’une plaignante

G.D. avec AFP

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Illustration d'un commissariat de police
Illustration d'un commissariat de police — Clément Follain / 20 Minutes
  • Deux policiers de Creil, dans l’Oise, ont été récemment mis en examen pour « faux en écriture ».
  • Un des policiers entretenait une relation avec une plaignante qui avait accusé de viol son ex-conjoint.
  • L’IGPN, la police des polices, mène une enquête sur ces policiers dont l’un « a manqué à l’obligation d’impartialité qui pesait sur lui », selon la Cour d’appel.

L’un d’eux entretenait une liaison avec une plaignante. Deux policiers de Creil, dans l’Oise, ont été récemment mis en examen pour « faux en écriture », a-t-on appris, jeudi.

L’affaire démarre fin août 2018, lorsque Mehdi (les prénoms ont été modifiés) est mis en examen pour « viol » de son ex-compagne, Samia. Il apprend alors par leur fils de 10 ans que le major ayant mené la garde à vue entretenait une relation avec celle-ci, a indiqué à l’AFP l’association de défense des droits de l’Homme et des libertés publiques, Robin des lois, qui dénonce un « abus de pouvoir ».

Fin des poursuites

Après une requête en nullité de l’avocat de Mehdi, estimant que l’officier de police judiciaire « a manqué à l’obligation d’impartialité qui pesait sur lui », la cour d’appel d’Amiens a prononcé, le 26 février, la fin des poursuites contre Mehdi, selon un arrêt consulté par l’AFP.

Selon la Cour, l’officier de police « a pris une part très importante dans la procédure d’enquête (…) alors qu’il était l’amant de la plaignante ».

« Il y a eu une machination contre moi : en 48 heures, je me suis retrouvé mis en examen pour une procédure criminelle sans aucune preuve », a déploré Mehdi auprès de l’AFP.

« Dénonciation calomnieuse »

Les deux policiers ont été mis en examen en mars pour « faux en écriture publique ou authentique par un dépositaire de l’autorité publique » et Samia pour « dénonciation calomnieuse », selon un avis à victime consulté par l’AFP.

Tous trois ont été placés sous contrôle judiciaire, qui interdit notamment aux deux fonctionnaires d’exercer leurs fonctions de police judiciaire, selon une source proche du dossier. Par ailleurs, une enquête de l’IGPN (la police des polices) se poursuit.

Il dénonce un « acharnement »

Selon François Korber, délégué général de l’association Robin des lois, qui s’est constituée partie civile, « cette affaire est emblématique d’un grave dysfonctionnement ». « Nous demandons aux élus de lancer une commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements des commissariats de province où, malheureusement, on voit fréquemment des affaires voisines avec des "shérifs" locaux » qui se croient « tout permis », a-t-il ajouté.

Depuis la mise en examen des deux policiers, Mehdi dénonce un « acharnement », avec « des contrôles de police abusifs et humiliants » devant son domicile à Creil. « Dès qu’ils me voient, ils me sautent dessus. On m’a retiré 18 points (de permis) en un mois et demi », a-t-il déclaré à l’AFP, y voyant « des représailles ». « Ils étaient tous de mèche dans le commissariat et maintenant, ils se serrent tous les coudes ».

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