Prise d'otages à Blagnac: Ce que l’on sait du jeune preneur d’otages, interpellé dans la soirée

FAITS DIVERS Le jeune homme de 17 ans, déjà connu des services de police, a libéré sans violence les quatre femmes qu’il avait prises en otages près de Toulouse

H. M. et N. S.

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Le dispositif de police mis en place pour boucler le secteur autour du tabac-presse où s'est déroulé une prise d'otages, mardi à Blagnac.
Le dispositif de police mis en place pour boucler le secteur autour du tabac-presse où s'est déroulé une prise d'otages, mardi à Blagnac. — H. Ménal / 20 Minutes
  • Agé de 17 ans, le preneur d’otages du tabac-presse-PMU de Blagnac a été interpellé dans la soirée.
  • Le jeune homme est déjà « défavorablement connu des services de police », selon le procureur de la République de Toulouse.
  • D’après la même source, il a été interpellé en décembre dernier lors d’une manifestation des « gilets jaunes ».

Le jeune homme qui a pris en otages quatre femmes mardi pendant plusieurs heures dans un bar-PMU de Blagnac, près de Toulouse, a été « interpellé », a annoncé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

« #Blagnac : le mis en cause a été interpellé. Reconnaissance et gratitude à l’antenne du RAID et à la BRI pour leur sang-froid et leur professionnalisme. J’associe à ces remerciements toutes les forces de sécurité et secours mobilisées sous l’autorité du Préfet de Haute-Garonne », a écrit le ministre sur Twitter peu avant minuit.

Il s’agissait d’une « opération délicate », a souligné devant la presse, sur place, le patron du Raid Jean-Baptiste Dulion, car il a fallu une « très longue négociation » pour le ramener « à la raison et l’interpeller en douceur ». « Tout s’est bien passé au final », s’est-il félicité.

Défavorablement connu des services de polices

Le jeune preneur d’otage, qui était armé, avait déclenché son action à 16h20. Une première femme a été libérée vers 20h, avant que les trois autres ne soient aussi relâchées, environ une heure plus tard. Il s’agissait de la patronne de l’établissement et d’employées. Elles ont été « libérées saines et sauves », a indiqué le préfet d’Occitanie Etienne Guyot lors d’une conférence de presse conjointe avec le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari, donnée après la libération des trois dernières otages, vers 21 h.

Le procureur de la République a apporté des informations sur l’identité du preneur d’otages. Il s’agit d’un Blagnacais du quartier Bélisaire, prénommé Yanis. « Il a presque 18 ans, a indiqué Dominique Alzeari. Il est défavorablement connu des services de police pour des violences sur des forces de l’ordre, des vols, et pour avoir été interpellé lors d’une manifestation de «gilets jaunes», en décembre à Toulouse. » « Ce n’était pas non plus quelqu’un de classé comme dangereux », a précisé le procureur.

Un jeune « assez dépressif »

Une perquisition a été effectuée au domicile du jeune homme. Il avait laissé chez lui un courrier dans lequel il semblait « assez dépressif, ou en tout cas préoccupé par son état de santé », selon le procureur de la République. « Il fait une allusion au mouvement des « gilets jaunes », mais en assurant que l’acte qu’il voulait commettre n’irait pas au-delà de cette démarche finalement un peu spectaculaire. »

La piste terroriste avait rapidement été écartée par les enquêteurs. « Mais on est forcément inquiets quand on a un jeune homme très déterminé et armé », selon le procureur. Le suspect avait tiré deux fois en l’air au début de la prise d’otages, selon une source proche du dossier. Il « aurait déclaré que, si la police intervenait, il tirerait sur les forces de l’ordre », a-t-elle ajouté.

Le preneur d’otage est « droit dans ses baskets avec une famille carrée », avait affirmé aux médias un livreur venu sur les lieux après, dit-il, avoir été alerté par le père du jeune homme, qu’il fréquentait.

Le tabac-presse-PMU de Blagnac où s'est déroulée la prise d'otages.
Le tabac-presse-PMU de Blagnac où s'est déroulée la prise d'otages. - Google street view

Outre ces précisions, le préfet et le procureur de la République ont tenu à saluer le « professionnalisme » de toutes les forces engagées lors de l’opération, notamment les policiers, dont ceux du Raid et les CRS, mais aussi les pompiers et le Samu.