Enquête pour «viol en réunion»: Six pompiers placés sous le statut de témoin assisté par un juge d'instruction

PARIS Une étudiante norvégienne affirme avoir été violée dans la nuit de vendredi à samedi alors qu’elle se trouvait à la caserne Plaisance dans le 14e arrondissement de Paris

Thibaut Chevillard

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Une étudiante norvégienne accuse des pompiers de l'avoir violée dans une caserne parisienne (illustration)
Une étudiante norvégienne accuse des pompiers de l'avoir violée dans une caserne parisienne (illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Une étudiante norvégienne de 20 ans accuse des pompiers rencontrés dans un bar de l’avoir violée dans la nuit de vendredi à samedi.
  • Huit d’entre eux ont été placés en garde à vue par les enquêteurs de la police judiciaire parisienne.
  • Ce lundi, six pompiers ont été présentés à un juge d’instruction qui les a placés sous le statut de témoin assisté.

L’affaire risque d’entacher la prestigieuse Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Accusés de viol par une étudiante norvégienne de 20 ans, six des huit pompiers placés en garde à vue ce week-end ont été présentés, ce lundi, à la section des affaires militaires du parquet de Paris. Agés de 23 à 35 ans, ils ont ensuite été présentés à un juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire ouverte des chefs de viols en réunion et non empêchement de crime, indique à 20 Minutes le parquet de Paris. Le magistrat instructeur les a placés sous le statut de témoin assisté.

Les faits remontent à la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs pompiers sont allés passer la soirée au Frog & Princess, un bar situé dans le 6e arrondissement de la capitale, pour fêter le départ d’un collègue. C’est là que des militaires ont rencontré la plaignante qui était avec deux amies. Vers 2h30, certains partent au Shannon, un autre bar de l’arrondissement. Une heure trente plus tard, alors que l’alcool commence à faire effet, l’un d’eux, Mathieu G., 26 ans, a regagné la caserne Plaisance, dans le 14e arrondissement, accompagné par Gunhild S.. Aux policiers, la jeune étudiante norvégienne originaire de Bergen a déclaré avoir eu une relation sexuelle consentie avec ce caporal dans sa chambre.

« C’est une affaire complexe »

Mis hors de cause par la plaignante, Mathieu G. ne fait pas partie des pompiers présentés ce lundi à la justice. En revanche, elle accuse d’autres sapeurs, qui se trouvaient déjà à la caserne quand ils s’y sont rendus, de lui avoir imposé ensuite plusieurs relations. Elle est « sûre » d’avoir été violé par « 6 ou 7 » pompiers, a-t-elle déclaré aux policiers. Mais elle précise qu’elle ne peut pas les reconnaître, les faits s’étant passés dans le noir. Après ça, elle s’était enfermée dans les toilettes de la caserne avant d’être recueillie au petit matin par l’une de ses amies, en état de choc. Gunhild S. est allée déposer plainte dans la journée de samedi.

Mathieu G., lui, a affirmé aux policiers que la plaignante était consentante lorsqu’elle a eu des relations avec ses collègues. « C’est une affaire complexe », souffle à 20 Minutes une source policière, appelant à la « prudence ». Selon nos informations, les six hommes déférés ce lundi ne semblent pas tous impliqués dans cette affaire de viol. Mais certains, qui « auraient eu connaissance » des faits, sont mis en cause pour « non-empêchement de crime », ajoute cette source. « Le temps est à la justice. Nous réagirons ensuite dès lors que les faits seront avérés », déclare à 20 Minutes le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers.