Marseille: «L’un des plus importants gangs de France en matière de narco-banditisme» démantelé

NARCO BANDITISME Les enquêteurs ont interpellé onze personnes suspectées d’appartenir à « l’un des plus importants gangs de France en matière de narco-banditisme », selon Christophe Castaner

Adrien Max

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Des munitions ont été saisies lors des interpellations menées contre la bande du pourtour de l'étang de Berre.
Des munitions ont été saisies lors des interpellations menées contre la bande du pourtour de l'étang de Berre. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Les enquêteurs ont interpellé onze personnes soupçonnées d’être des membres de la bande du pourtour de l’étang de Berre.
  • Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, considère cette bande comme « l’un des plus importants gangs de France en matière de narco banditisme ».
  • Selon le patron de la PJ de Marseille, Eric Arella, et le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, « des actions violentes d’intimidation et des règlements de compte » sont imputables à cette bande.

Un coup de filet « exceptionnel » salué par une visite ministérielle. Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur s’est déplacé en personne, accompagné du secrétaire d’Etat, Laurent Nunez, pour féliciter les enquêteurs marseillais. En début de semaine, ils ont interpellé onze personnes soupçonnées d’appartenir à un clan de narcotrafiquant du pourtour de l’Etang de Berre, que le ministre a qualifié « d’un des plus importants gangs de France en matière de narco-banditisme ».

Comme l’a indiqué Eric Arella, patron de la police judiciaire de Marseille, « 40 enquêteurs ont été mobilisés pendant 10 mois », pour parvenir à interpeller ces onze suspects à Marseille et sur le pourtour de l’étang de Berre notamment. « Plusieurs véhicules de guerre (utilisés lors de règlement de comptes), ainsi que des armes de guerre ont été découverts dans un box le 1er mai », s’est félicité Eric Arella.

« Actions d’intimidation et règlements de comptes »

Christophe Castaner a tenu à souligner ce « remarquable résultat, et cette remarquable façon de travailler », faisant référence au pilotage renforcé permettant une meilleure coopération des différents services qu’il souhaite étendre sur tout le territoire national.

Parmi les onze personnes interpellées, sept, âgés de 20 à 32 ans, ont été déférés devant la justice pour « association de malfaiteurs en bande organisée », a annoncé Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Marseille. Le parquet a également réclamé leur placement en détention provisoire.

« Leur organisation et la logistique dont disposait cette équipe, des téléphones cryptés, des véhicules puissants, pourraient les lier à des actions de forces et d’intimidation comme les coups de feu tiré en l’air à la Bricarde, ou des règlements de comptes », a précisé Xavier Tarabeux.

« Dangerosité de ces individus »

Cette équipe dite « du pourtour de l’Etang de Berre » était associée à la famille Remadnia, l’une des plus puissantes de Marseille il y a quelques années. Après la mort du chef, les associés ont récupéré le contrôle de nombreux point de vente de stup de Marseille, dont le chiffre d’affaires quotidien est estimé entre 15.000 et 50.000 euros, chacun.

Mais une scission en son sein pourrait être à l’origine de nombreux règlement de comptes depuis le début de l’année 2018. « Il y a eu une prise de risque minimisée compte tenu de la dangerosité de ces individus. Lors de leur interpellation, deux d’entre eux avaient une arme de poing à disposition », a rappelé Xavier Tarabeux, interrogé sur le fait que ces interpellations avaient pu intervenir afin d’éviter de nouveaux règlements de comptes.

En 2018, 23 personnes sont décédées dans les Bouches-du-Rhône à la suite de règlement de comptes, « dont une bonne partie imputable à cette bande », selon Eric Arella. 30 % de ces crimes en France sont commis dans les Bouches-du-Rhône.