Pollution: Une plainte pour déversement de béton dans la Seine sur le chantier du RER E

HAUTS FONDS Un sous-traitant du chantier de la gare de La Défense aurait réalisé des déversements volontaires dans le fleuve, et c’est illégal

R.G.-V.

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Le chantier du prolongement du RER E de Saint-Lazare vers la Défense et la banlieue ouest fait parler de lui. Ici au niveau du chantier de la future gare Porte-Maillot.
Le chantier du prolongement du RER E de Saint-Lazare vers la Défense et la banlieue ouest fait parler de lui. Ici au niveau du chantier de la future gare Porte-Maillot. — PATRICK GELY/SIPA

Bientôt, les Franciliennes et Franciliens pourront aller de Saint-Lazare à La Défense en moins de dix minutes grâce au RER E. Pour l’instant, c’est un sacré chantier… aux pratiques pas toujours légales. Europe 1 révèle ce mercredi qu’une plainte a été déposée pour des rejets délibérés de ciment dans les eaux de la Seine. Les faits sont localisés près du chantier de la future gare de La Défense, à Nanterre.

Récemment, les Associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA) de Paris et des Hauts-de-Seine ont découvert, lors de vérifications de routine, ces déversements dans la Seine non loin de l’endroit où est produit le béton pour la gare, par un sous-traitant du chantier.

« Un souci d’économie »

Résultat, alors que la Seine a une profondeur d’1,8 m en temps normal, à cet endroit, elle n’est plus que de 15 à 30 cm, d’après les associations qui ont fait les relevés. « Par souci d’économie, ils se permettent de rejeter des déchets non traités », explique à la radio un responsable de la brigade fédérale de protection du milieu aquatique.

L’entreprise responsable de cette centrale de béton est une filiale de Vinci Construction. Ironie de la situation : tout se passe dans la même rue que celle du siège de la maison mère. Contactée par Europe 1, l’entreprise parle d’une situation « anormale, inhabituelle et regrettable » et affirme avoir pris des mesures pour que ces déversements cessent.

Les sanctions pour de tels déversements polluants volontaires peuvent aller jusqu’à deux ans de prison et 75.000 euros d’amende.