VIDEO. Incendie à Notre-Dame de Paris: L'enquête promet d'être «longue et complexe»

ENQUETE Une cinquantaine d’enquêteurs de la police judiciaire sont mobilisés pour faire la lumière sur les causes de l’incendie qui a ravagé la cathédrale parisienne  

Thibaut Chevillard

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Le feu a été constaté au niveau de la charpente de Notre-Dame à 18h43
Le feu a été constaté au niveau de la charpente de Notre-Dame à 18h43 — FABIEN BARRAU / AFP
  • La cathédrale Notre-Dame a été en partie ravagée par les flammes dans la nuit de lundi à mardi.
  • L’enquête, ouverte pour « destruction involontaire par incendie », a été confiée à la police judiciaire parisienne.
  • « Rien dans l’état ne va dans le sens d’un acte volontaire », a fait savoir le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz.

De la charpente de Notre-Dame, mise en place entre 1220 et 1240, il ne reste rien sauf des cendres. Après avoir été lentement consumée par les flammes, « la forêt » comme elle était surnommée s’est effondrée lundi soir. C’est à proximité de l’échafaudage posé dessus que semble avoir démarré le feu qui a ravagé la cathédrale, a expliqué le procureur de la République de Paris, ce mardi. « Rien dans l’état ne va dans le sens d’un acte volontaire », a souligné le magistrat lors d’un point presse. Mais cette enquête hors norme, ouverte pour « destruction involontaire par incendie » et confiée à la police judiciaire parisienne, s’annonce d’ores et déjà « longue et complexe », selon une source policière.

Déjà, tous les regards se tournent vers le chantier en cours sur le toit du monument, destiné en particulier à restaurer la flèche. L’édifice de style gothique était encore en proie aux flammes quand les limiers de la brigade criminelle, saisis par le parquet, ont commencé à identifier les ouvriers qui travaillaient dessus ce 15 avril et à recueillir leur témoignage. Près de la moitié des enquêteurs de la Crim – environ une cinquantaine – sont sur le pied de guerre. Depuis lundi soir, ils ont entendu une trentaine de personnes, notamment le personnel en charge de la sécurité des lieux, a fait savoir le parquet de Paris. « L’objectif est de comprendre ce qu’il s’est passé et d’établir d’éventuelles responsabilités ou manquements », indique à 20 Minutes une source proche du dossier.

Analyse des images de vidéosurveillance

Ils vont également décortiquer méticuleusement les images de vidéosurveillance, intérieures comme extérieures, ainsi que les vidéos prises par les particuliers. Elles peuvent leur donner de précieuses informations sur le départ du feu. S’il a été constaté un peu avant 19h, il a pu couver plusieurs heures. D’autant que, selon le procureur de la République de Paris, il y a eu « une première alerte à 18h20 suivie d’une procédure de levée de doute ». « Aucun départ de feu » n’avait alors été constaté, a précisé Rémy Heitz. Ce n’est qu’à 18h43 que le feu a été « constaté au niveau de la charpente ». Par chance, l’édifice avait déjà été évacué.

Ce mardi, en début d’après-midi, les enquêteurs n’avaient toujours pas eu accès à l’intérieur du bâtiment, vieux de plus de 800 ans. En effet, si la structure de Notre-Dame « tient bon », des « vulnérabilités ont été identifiées notamment au niveau de la voûte », a expliqué à la presse le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Dès qu’ils le pourront, les enquêteurs pénétreront dans la cathédrale afin de procéder aux premières constatations. Pour cela, ils pourront être amenés à sectoriser l’édifice afin de faciliter le travail.

Des drones pour accéder aux moindres recoins

Ils seront épaulés par les pompiers des équipes « Recherche des causes et circonstances d’incendie », par les agents de l’identité judiciaire et ceux du laboratoire central de la préfecture de police. Ces derniers effectueront des prélèvements pour tenter de déterminer l’origine de l’incendie et son mode de développement. Selon nos informations, les enquêteurs pourraient même utiliser des drones pour scruter les moindres recoins du bâtiment. Mais comme l’a expliqué à l’AFP Christophe Pezron, directeur du laboratoire central, avec les monceaux de déblais provoqués par le sinistre, « la recherche des traces et indices va être d’une grande complexité ».