La Réunion: Le père qui a tué ses trois jeunes garçons a aussi cherché à tuer sa fille aînée en l'électrocutant

DRAME Le père a reconnu les faits qui se sont produits dimanche matin. Il a été mis en examen ce mardi pour assassinats et tentative d'assassinat

Julie Bossart

— 

Le palais de justice de Saint-Denis, à La Réunion.
Le palais de justice de Saint-Denis, à La Réunion. — R. Bouhet
  • Daniel D. a été mis en examen pour assassinats et tentative d’assassinat ce mardi matin.
  • Il est accusé d'avoir noyé trois de ses enfants, âgés de 2 à 6 ans, dimanche avant d'avoir tenté de se pendre.
  • Il est aussi soupçonné d'avoir tenté d'électrocuter sa fille aînée.

Sa mise en examen pour assassinats et tentative d’assassinat lui a été signifiée ce mardi matin, depuis une chambre carcérale, au CHU de Bellepierre, à Saint-Denis de La Réunion, où il est hospitalisé.

Daniel D. « sera placé en détention lorsque son état le lui permettra », a indiqué le procureur de la République, Eric Tuffery, lors d’une conférence de presse cet après-midi en présence du commandant de police en charge de l’enquête.

Noyés les uns après les autres

Dimanche matin, Daniel D., 41 ans, a appelé son ex-compagne pour lui dire qu’il ne lui remettrait pas leurs enfants, dont il avait la garde pendant les vacances scolaires (elles ont pris fin dimanche soir), et qu’il les tuerait. La mère de famille a immédiatement prévenu la police.

Cinq minutes plus tard, des agents découvraient une scène macabre dans la case familiale de la Rivière-des-Galets, un quartier du Port, commune de l’ouest de La Réunion. Dans la salle d’eau, Daniel D., pendu ; dans une chambre attenante, les corps de ses trois jeunes garçons. Le plus âgé allait avoir 6 ans en juillet, le deuxième avait 3 ans, quant au petit dernier, il aurait eu 2 ans en mai. L’autopsie réalisée lundi matin a permis de déterminer qu’ils sont morts noyés. Ils étaient réveillés et ont été amenés l’un après l’autre dans la salle d’eau. Là, ils ont été plongés dans la baignoire. « Pour un enfant, ça peut aller très vite. En trente secondes à peine », a glissé le procureur.

Un ventilateur branché près de la baignoire

Un miracle, dans ce drame qui a retourné La Réunion : la fille aînée de Daniel D. a survécu. Plus précisément, l’enfant de 10 ans a réussi à échapper à son père, qui a tenté de la tuer elle aussi, mais en l’électrocutant. Il avait branché un ventilateur sur une rallonge qu’il comptait ensuite jeter dans la baignoire. Mais le dispositif n’a, semble-t-il, pas fonctionné. L’enfant a été retrouvée chez un oncle qui réside à côté. Elle et sa maman sont hospitalisées depuis dimanche.

« Si la police était arrivée cinq minutes plus tard, Daniel D. n’aurait pas survécu », a souligné Eric Tuffery. Il a reconnu les faits en garde à vue, puis devant le juge, mais « son discours n’est pas structuré pour le moment ». Il appartiendra à l’instruction de déterminer les raisons de son passage à l’acte.

Punir la mère ou les enfants ?

Selon ses premiers dires, « il n’aurait pas supporté que la mère de ses enfants le quitte, puis revienne ». « Dans les cas d’infanticide, la question de savoir qui l’on veut punir, la mère ou les enfants, se pose », a souligné Eric Tuffery. La maman avait trouvé refuge avec ses enfants dans un foyer de Bras-Panon (est de La Réunion) depuis qu’elle avait quitté en février son conjoint. Elle l’accusait de menaces tout au long de leurs dix ans de vie commune, qu’elle n’avait pas toutes signalées. Mais elle avait déposé deux mains courantes, fin 2018 et en 2019. Daniel D., qui était connu de la justice pour des délits routiers, ne s’en serait jamais pris aux enfants. Ces derniers avaient d’ailleurs indiqué qu’il leur manquait. Peut-être est-ce la raison pour laquelle la maman a accepté qu’ils passent les vacances chez lui.

« Daniel D. encourt à la réclusion criminelle à perpétuité », a conclu le procureur de la République de Saint-Denis.

Une marche blanche en mémoire des trois jeunes garçons et contre les violences faites aux enfants est prévue le 13 avril au Port.