Seine-Saint-Denis: Vingt personnes interpellées après des expéditions punitives contre des Roms

RUMEUR Des dizaines de personnes ont voulu s’en prendre à des Roms, persuadés qu’ils parcourent le département dans une camionnette pour enlever des enfants et des jeunes femmes

Thibaut Chevillard

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Vingt personnes ont été interpellées au cours de la nuit (illustration)
Vingt personnes ont été interpellées au cours de la nuit (illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Depuis plusieurs jours, une rumeur infondée circule sur internet. Des Roms circuleraient à bord d’une camionnette blanche et essaieraient d’enlever des jeunes femmes et des enfants.
  • Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs groupes s’en sont pris aux gens de cette communauté en Seine-Saint-Denis. Vingt personnes ont été interpellées.

La rumeur a été démentie par plusieurs médias, dont 20 Minutes. Non, il n’y a pas de camionnette blanche, circulant dans les Hauts-de-Seine ou en Seine-Saint-Denis, avec à son bord des Roms à la recherche d’enfants ou de femmes à enlever. Alors que deux hommes ont été frappés, il y a quelques jours, à Colombes, simplement parce qu’ils se trouvaient à bord d’une fourgonnette de couleur claire, la chasse aux gens issus de cette communauté a repris de plus belle dans la nuit de lundi à mardi, apprend 20 Minutes de source policière.

Vers 20h, une vingtaine de personnes, armées de bâtons, se sont introduites dans un pavillon squatté par des Roms, à Clichy-sous-Bois. Ces derniers sont parvenus à s’enfuir et à se réfugier dans un magasin Auchan situé à proximité. L’un des agresseurs a été rapidement interpellé par les policiers de la Bac. Quatre autres individus, en possession de bâtons et de cailloux, ont ensuite été arrêtés dans le même secteur par des policiers appelés en renfort. Deux agents ont légèrement été blessés au cours de l’intervention et un véhicule de police a été dégradé par un projectile.

Véhicules incendiés

Les cinq personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Une heure et demie plus tard, les 23 Roms qui s’étaient réfugiés dans le supermarché ont regagné le squat et ont ensuite voulu se rendre dans le 18e arrondissement de Paris, porte de la Chapelle, afin de s’y installer pour la nuit. Ils y sont allés à bord d’une quinzaine de camionnettes, sous escorte policière.

Un peu plus loin, à Bobigny, une cinquantaine d’individus armés de couteaux et de bâtons, ont menacé des Roms installés en bordure de la RN3, vers 21h. Deux camionnettes appartenant aux gens de cette communauté ont été incendiées et un véhicule, garé à proximité, a été endommagé par les flammes. Sept personnes, dont deux Roms, ont été interpellées et placées en garde à vue. Ces dernières se trouvaient près des véhicules en feu et étaient en possession de bâtons et de battes de baseball. L’une d’entre elle a été désignée comme étant l’incendiaire. Au cours de l’intervention, les policiers ont reçu des projectiles, mais aucun d'entre eux n’a été blessé.

Un dispositif de sécurité mis en place sur le département

Vers 0h50, toujours à Bobigny, une bagarre éclate entre des Roms et une quinzaine d’individus. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces derniers ayant eu vent de la rumeur auraient suivi une camionnette blanche jusqu’au campement. Les policiers ont interpellé huit personnes, dont deux Roms, qui étaient en possession de couteaux, de barres de fer, de bâtons, de pioches et de briques. Elles ont été placées en garde à vue. Au cours de la nuit, la police a reçu de nombreux appels signalant la présence d’individus menaçants à proximité de campements de Roms du côté de Bondy, Aubervilliers et Noisy-le-Sec. Un dispositif de sécurité a été mis en place sur le département.