Gironde: Démantèlement d'un trafic international de civelles qui partait du Médoc

CONTREBANDE Un nouveau coup de filet des gendarmes vient de mettre un terme à un vaste trafic international de civelles - un alevin d'anguille - qui partait du Médoc, transitait par l’Espagne pour rejoindre l’Asie

Mickaël Bosredon

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Les gendarmes ont réalisé un coup de filet qui met un terme à un vaste trafic de civelles.
Les gendarmes ont réalisé un coup de filet qui met un terme à un vaste trafic de civelles. — Gendarmerie Nationale
  • Sept personnes viennent d’être interpellées dans le Médoc, soupçonnées d’avoir fourni des dizaines de kilos de civelles à des intermédiaires en Espagne.
  • Quelque 150.000 euros en liquide ont aussi été saisis.
  • Le trafic de cette petite anguille typique de la façade Atlantique, et protégée, alimentait le marché asiatique où elle peut se revendre 2.000 euros le kilo.

Cinq braconniers, un pêcheur professionnel et un mareyeur ont été interpellés le 20 mars dernier dans le Médoc (Gironde), par les gendarmes de la section de recherches de Bordeaux. Il s’agissait du second coup de filet des gendarmes, après un premier réalisé le 17 janvier dernier, dans le cadre d’une vaste enquête concernant une filière de trafic de civelles de la Gironde vers l’Espagne et à destination de l’Asie. Quelque 150.000 euros « d’avoirs criminels » ont été saisis à cette occasion.

C’est l’Office central de lutte contre les atteintes à la santé et à la sécurité publique (Oclaesp), service de police judiciaire rattaché à la gendarmerie et qui s’occupe des atteintes portées à l’environnement et la santé publique, qui avait récolté les premiers renseignements sur cette filière, à l’été 2018. Une cellule d’enquête était créée au sein de la section de recherches de Bordeaux.

Plusieurs centaines de kilos saisis au pays basque espagnol

L’enquête a permis de mettre au jour deux principales filières de pêche et d’acheminement de civelles vers l’Espagne. Le 17 janvier dernier, trois hommes roulant en convoi lors d’un retour de livraison de plusieurs dizaines de kilos en Espagne étaient interpellés. Quelque 30.000 euros provenant de la vente de ces civelles étaient saisis. Trois complices étaient également placés en garde à vue.

Un acheteur asiatique venant du Portugal était à son tour interpellé en Espagne, où étaient découverts les viviers destinés à maintenir en vie les civelles avant leur exportation vers l’Asie. Mi-février, plusieurs centaines de kilos de civelles destinés au marché asiatique étaient saisis au pays basque espagnol.

Des saisies sur compte de l’ordre de 100.000 euros

Le commerce de civelles est régi par la convention de Washington, et il est restreint à l’Union européenne dans des quantités limitées. Si elles sont vendues aux alentours des 250-300 euros le kilo par le pêcheur des estuaires de la façade Atlantique où elles séjournent, en bout de chaîne en Asie, où elles sont extrêmement prisées, elles peuvent atteindre 2.000 euros le kilo.

Le coup de filet du 20 mars mené avec les gendarmes de Lesparre-Médoc est « l’épilogue de ce démantèlement de filières sur trois pays européens » commente la gendarmerie. Une faible quantité de civelles a été découverte vivante et sera relâchée. En plus de l’argent liquide, des saisies sur compte ont permis de récupérer plus de 100.000 euros au terme de cette opération.