Angers: Un trafic international d’armes à feu provenant des Etats-Unis démantelé

ENQUÊTE Interpellées par les gendarmes de la section de recherche d’Angers, quatre personnes ont été mises en examen et écrouées

Thibaut Chevillard

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Dans une brigade de gendarmerie. Illustration.
Dans une brigade de gendarmerie. Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Les gendarmes ont démantelé un vaste réseau de trafiquants d’armes à feu.
  • Les malfaiteurs achetaient des armes légalement aux Etats-Unis qu’ils expédiaient ensuite en France par la poste.
  • Quatre personnes ont été mises en examen et écrouées.

C’est un trafic international d’armes de grande ampleur que viennent de démanteler les gendarmes de la section de recherche d’Angers (Maine-et-Loire). Quatre individus, interpellés le 26 février 2019, ont été mis en examen des chefs d’infraction à la législation sur les armes de catégories A et B en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de dix ans d’emprisonnement, indique ce mercredi le parquet de Rennes dans un communiqué. Ils ont été placés en détention provisoire.

L’affaire remonte au mois de novembre 2019. A la suite d’une banale perquisition réalisée dans le Morbihan, les gendarmes vont s’intéresser de près à un homme installé en Seine-et-Marne. Ils découvrent qu’il a un associé qui se rend régulièrement aux Etats-Unis afin d’acheter en toute légalité des armes de poing. Elles sont ensuite expédiées en France sous la forme de pièces détachées dissimulées dans de nombreux petits colis. Les gendarmes vont alors prendre attache avec leurs partenaires du HSI (Homeland security investigations).

Les enquêteurs ont découvert une soixantaine d'armes de poing et une vingtaine d'armes d'épaule lors des perquisitions
Les enquêteurs ont découvert une soixantaine d'armes de poing et une vingtaine d'armes d'épaule lors des perquisitions - gendarmerie nationale

Des interpellations dans toute la France

Ces derniers vont suivre discrètement l’associé lors d’un de ses voyages outre-Atlantique et l’interpeller début février, alors qu’il s’apprêtait à envoyer des colis contenant une vingtaine de carcasses et canons de pistolets-mitrailleurs Uzi. Trois autres colis seront interceptés, trois jours plus tard, par les gendarmes sur la plate-forme fret de l’aéroport de Roissy. Ils contenaient 30 culasses, canons, tiges guides et ressorts récupérateurs de pistolet Beretta 92 S.

Le 26 février dernier, les enquêteurs vont lancer une vague d’interpellations dans toute la France. D’autres membres présumés de ce réseau sont arrêtés dans le Loiret, la Nièvre, la Savoie, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne. Sept personnes sont alors placées en garde à vue. Lors des perquisitions, les gendarmes vont mettre la main sur une soixantaine d’armes de poing, dont près d’une dizaine d’Uzi, ainsi qu’une vingtaine d’armes d’épaule. Ils vont aussi découvrir un atelier de confection d’armes à Nemours (Seine-et-Marne).

Les enquêteurs ont découvert une soixantaine d'armes de poing et une vingtaine d'armes d'épaule lors des perquisitions
Les enquêteurs ont découvert une soixantaine d'armes de poing et une vingtaine d'armes d'épaule lors des perquisitions - gendarmerie nationale

Bâtons de dynamite et grenades

Là, ils trouvent près d’une cinquantaine d’armes de poing qui sont prêtes ou en cours de préparation. Lors d’une autre perquisition, les enquêteurs vont découvrir, dans une cache enterrée, neuf bâtons de dynamite d’origine suisse ainsi que plusieurs grenades défensives.