Un camion de pompiers devant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, le 5 mars 2019.
Un camion de pompiers devant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, le 5 mars 2019. — AFP

DETENTION

«Attaque terroriste» à la prison d'Alençon: Interpellé, le détenu radicalisé «voulait venger Cherif Chekatt»

Blessée lors de l'intervention du RAID, la compagne du détenu n'a pas survécu

L’intervention à la prison de Condé-sur-Sarthe est terminée. Les forces de l’ordre ont lancé l’assaut ce mardi en fin de journée après l’agression de deux gardiens de prison par un détenu radicalisé de 27 ans. L’homme a été interpellé. Blessée, sa compagne n’a pas survécu. Le suspect a affirmé « vouloir venger » l’auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, a annoncé mardi soir le procureur de la République de Paris.

« Il est ressorti très vite des premiers témoignages que le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allah Akbar, qu’il disait vouloir venger Cherif Chekatt, l’individu mis en cause dans l’attentat commis à Strasbourg le 12 décembre 2018 », a indiqué Rémy Heitz lors d’un point-presse sur place. « Trois gardes à vue sont pour le moment en cours », a précisé le procureur. Celle du détenu, Michaël C., n’a pas formellement débuté, celui-ci ayant été hospitalisé après avoir été légèrement blessé dans l’assaut des policiers du Raid, a précisé une source proche de l’enquête.

Intervention du RAID

Selon une source proche du dossier, la femme du détenu, probablement enceinte, est décédée. Son pronostic vital était engagé après l’assaut des forces de l’ordre. Tous les deux étaient munis d’armes blanches mais pas d’explosifs, selon cette même source.

En fin de journée, plusieurs journalistes de l’AFP ont entendu une série de détonations. Des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) de Rennes et le RAID, unité d’élite de la police nationale, étaient arrivées dans la journée au centre pénitentiaire où l’agresseur et sa compagne étaient retranchés depuis mardi matin dans une unité de vie familiale (UVF).

Condamné à trente ans de prison

« Intervention du RAID en cours », « assaut en cours », ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier en fin de journée. Deux hélicoptères de l’armée de terre étaient également posés à quelques dizaines de mètres de la prison, ainsi qu’un hélicoptère du Samu qui s’est posé peu après 16 heures, selon une journaliste de l’AFP.

Mardi matin vers 9h45, le détenu Michaël C. a attaqué deux surveillants avec un couteau, les blessant au thorax et au visage, en criant « Allah akbar », selon un délégué syndical FO. Les jours des deux surveillants ne sont pas en danger, d’après la ministre de la Justice Nicole Belloubet, attendue sur place. La ministre avait qualifié à la mi-journée cet acte d'« attaque terroriste ». Le détenu s’est retranché avec sa compagne au sein de l’UVF de la prison, conçue pour permettre aux familles de se retrouver plus longtemps et dans un cadre plus chaleureux qu’au parloir.

Converti à l’islam en 2010, Michaël C. est un détenu de droit commun qui purge une peine de trente ans de réclusion. Il avait été condamné en décembre 2015 pour avoir étouffé un homme de 89 ans, après l’avoir séquestré et « momifié » en 2012. Pour Nicole Belloubet, le couteau, en céramique et donc non repéré par le détecteur de métaux, aurait pu avoir été apporté par la compagne du détenu.