Charente-Maritime: Avec 51 kg, « c’est la plus grosse saisie d’héroïne en France cette année »

FAITS DIVERS Treize personnes ont été interpellées dans le sud-ouest de la France et aux Pays-Bas après un an d’une enquête qui a permis à la police judiciaire de saisir 51 kg d’héroïne

E.P. avec AFP
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Illustration d'une saisie d'héroïne.
Illustration d'une saisie d'héroïne. — ROCHE/DOUANE/SIPA
  • Après une enquête d’un an, treize personnes dont dix dans le Sud-ouest, ont été interpellées pour trafic de stupéfiants entre les Pays-Bas et la façade Atlantique.
  • 51 kg d’héroïne ont été saisis, soit la plus grosse prise en France cette année.
  • Un couple de sexagénaires est soupçonné d'avoir joué un rôle clé.

C’est l’aboutissement d’une enquête d’un an environ. Treize personnes ont été interpellées dans le sud-ouest de la France et aux Pays-Bas, la police judiciaire a saisi 51 kg d’héroïne. 

« C’est la plus grosse saisie d’héroïne en France cette année », a indiqué le commissaire Jean-Yves Goriou, chef de la division des affaires criminelles de la police judiciaire à Bordeaux.

Agissant sur commission rogatoire d’un magistrat de la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Rennes, les policiers bordelais de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) ont interpellé mercredi 10 personnes en Charente-Maritime, Charente et Gironde. Simultanément, trois suspects ont été arrêtés aux Pays-Bas et sont en attente d’extradition.

Un couple et leur fils à la tête du réseau

Les dix personnes ont été présentées dimanche à un magistrat rennais. Sept ont été écrouées dont les organisateurs principaux : un couple de 60 ans et leur fils de 44 ans, demeurant près de Saintes (Charente-Maritime).

Selon Jean-Yves Goriou, tout est parti d’une « information humaine » en février 2018 sur « un réseau d’importation d’héroïne en provenance des Pays-Bas à destination de la façade Atlantique ». La famille saintongeaise s’approvisionnait aux Pays-Bas en héroïne de « très, très bonne qualité » auprès des trois hommes interpellés près de Rotterdam, âgés de 29 et 30 ans. Après deux transports identifiés en mai et septembre 2018, les agents sont passés à l’action la semaine dernière.

Quatre personnes, dont le père et le fils vivant à Saintes, se sont rendues en périphérie de Rotterdam, où elles ont chargé la marchandise dans deux camionnettes. « Ils sont descendus par le réseau routier secondaire et en respectant les limitations de vitesse », a expliqué le commissaire Goriou.

Un laboratoire de conditionnement d’héroïne découvert

Ils ont été interceptés près de Saintes, à leur retour, et les autres interpellations ont eu lieu simultanément à Saintes, Pons (Charente-Maritime), Cognac (Charente) et Bordeaux, mobilisant « une quarantaine de fonctionnaires ». La famille dispatchait la marchandise au kilo à « une dizaine de clients semi-grossistes », dont plusieurs garagistes.

« Le fils fournissait de l’héroïne à ces garagistes en échange de véhicules qu’il revendait pour blanchir son argent », dans le cadre de son commerce de voitures d’occasion, a expliqué Jean-Yves Goriou. Un « laboratoire de conditionnement d’héroïne » a été découvert au domicile du père.

La mère avait à son nom un cabriolet Mercedes, deux chevaux, un catamaran – saisis, ainsi que la somme de 150.000 euros sur un compte bancaire – alors que le couple est censé vivre avec 1.000 euros par mois d’aide sociale, selon le commissaire.