Disparition de Mathis en 2011: Sa mère lance une cagnotte en ligne pour poursuivre les recherches

DISPARITION Le 4 septembre 2011, le père n’a pas ramené l’enfant à sa mère à Caen comme il aurait dû le faire après l’avoir gardé le week-end

20 Minutes avec agences

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Nathalie Barré, la mère de Mathis, au tribunal de Caen le 3 juin 2015
Nathalie Barré, la mère de Mathis, au tribunal de Caen le 3 juin 2015 — CHARLY TRIBALLEAU AFP

La mère de Mathis, enfant de 8 ans disparu il y a plus de sept ans, a lancé une cagnotte en ligne le 10 février pour financer des recherches parallèles à celles des enquêteurs. Le père du petit garçon, Sylvain Jouanneau, a été condamné en 2015 à 20 ans de prison pour avoir enlevé et séquestré son fils, alors qu’une instruction pour homicide est toujours en cours.

L’homme n’a jamais ramené l’enfant à sa mère le 4 septembre 2011, à Caen (Calvados), comme il aurait dû le faire après son droit de garde du week-end. Arrêté trois mois plus tard près d’Avignon (Vaucluse), il n’a jamais fourni la moindre explication, répétant avoir confié l’enfant à des personnes à l’étranger.

« Il n’y a plus beaucoup d’investigations »

Lassée par l’absence de résultats, la mère de Mathis, Nathalie Barré, a donc lancé une cagnotte sur Leetchi pour retrouver son fils, accompagnée du portrait de l’enfant vieilli. En 2015, la police avait déjà lancé, sans succès, un appel à témoins avec cette même photo.

« J’ai confiance dans les enquêteurs mais malheureusement il n’y a plus beaucoup d’investigations, par manque de moyens », a déclaré la mère de l’enfant disparu. Elle souhaite ainsi faire appel à un enquêteur privé car il y a « encore plein de pistes à explorer ».

« On rame à contre-courant dans cette affaire »

Aline Lebret, avocate de Nathalie Barré, dit « comprendre le désespoir » de sa cliente. Elle rappelle toutefois qu’un enquêteur privé ne « dispose pas des mêmes moyens d’autorité que la justice ».

« On rame à contre-courant dans cette affaire, estime l’avocate. Chaque fois que je fais quelque chose, je le fais avec des enclumes au pied. J’ai fait des demandes d’investigations il y a plus de deux ans et je n’ai toujours pas de retour des actes demandés, les actes sont peut-être réalisés, je n’en sais rien », poursuit-elle.

Le père assure ne pas l’avoir tué

Lors de son procès, le père Sylvain Jouanneau a assuré n’avoir pas tué son fils. Mais en 2010, il avait écrit un message à sa compagne d’alors : « C’est l’enfant de la haine. Il y a des gènes de sa mère en lui. Je ne peux pas faire de miracles. Si ça tourne mal, je ne m’en sens pas responsable. J’ai fait le deuil ».

Dans un brouillon de lettre, il avait également affirmé que son fils était « sous protection musulmane ». Mais les enquêteurs doutent de cette piste même si le père s’est converti à l’islam. Des recherches ont été effectuées en vain, notamment au Maroc. Enfin, il n’avait pas expliqué non plus la « précipitation » avec laquelle il avait quitté son véhicule retrouvé près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) à proximité d’un fleuve, en septembre 2011, avec un rehausseur à l’intérieur et un paquet de bonbons.

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