A 78 ans, une femme est condamnée à 8 ans de prison pour le meurtre de son mari

NIEVRE L’époux de Michelle Baturic voulait divorcer et demander une pension à sa femme qui gagnait l’argent du ménage

N.Sa avec AFP

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Illustration d'une cour d'assises.
Illustration d'une cour d'assises. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Une femme de 78 ans a été condamnée jeudi par la cour d’assises de la Nièvre à huit ans d’emprisonnement pour le meurtre de son mari en avril 2016 avec qui elle ne vivait plus, a-t-on appris auprès du Parquet.

Cette peine est inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé une peine de 15 ans de prison à l’encontre de Michelle Baturic. Les jurés n’ont pas non plus retenu la préméditation, requalifiant ainsi le crime en « meurtre » et non « assassinat ».

Un « engrenage »

Au fil du procès, Michelle Baturic a raconté « une sorte d’accumulation, d’engrenage », alors que la cour se penchait sur sa vie de couple, dégradée au fil des ans, avec son mari Joseph. Cet octogénaire d’origine croate était le père de deux filles qu’ils ont eues ensemble et d’un fils né d’une précédente union.

L’accusée a décrit quelqu’un de caractériel, voire violent, sans éluder l’aspect financier, central dans leur relation : le couple avait décidé longtemps auparavant, d’un commun accord, que le père, musicien, s’occuperait des enfants tandis que sa femme, pharmacienne, gagnerait l’argent du ménage. Les dernières années, le couple n’avait plus de vie commune et la victime passait l’essentiel de son temps en Croatie, recevant régulièrement de l’argent de sa femme. Jusqu’à ce qu’elle lui coupe les vivres en décembre 2015.

Armée d’un fusil de chasse

Joseph Baturic est alors venu à Donzy dans la Nièvre en avril 2016, annonçant son intention de divorcer et de demander une pension, une hypothèse rejetée par sa femme, qui craignait de ne pouvoir faire face financièrement. Le soir du 23 avril 2016, tous deux s’étaient disputés à ce sujet. Michelle Baturic affirme qu’il l’aurait menacée de l’étouffer dans son sommeil.

Plus tard, dans la nuit, alors qu’ils faisaient chambre à part, elle s’est rendue armée d’un fusil de chasse dans la pièce où il dormait, tirant deux cartouches à plombs. Joseph Baturic est mort presque sur le coup.