Affaire Naomi Musenga: Plus d'un an après sa mort, ses parents s'estiment toujours «méprisés» par l'hôpital

HOPITAL Dans une lettre ouverte aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg diffusée ce lundi par le collectif, les parents de Naomi Musenga réclament toujours « la vérité » et des « mesures rendues publiques »…

B.P.

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Les parents de Naomi Musenga lors d'une marche blanche en sa mémoire en mai 2018. Illustration
Les parents de Naomi Musenga lors d'une marche blanche en sa mémoire en mai 2018. Illustration — G. Varela / 20 Minutes
  • Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga est décédée quelques heures après avoir été raillée au téléphone par le Samu de Strasbourg (Bas-Rhin).
  • Plus d’un an après sa mort, une lettre ouverte de ses parents destinée au directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg a été publiée.
  • « On se rend compte qu’on est toujours méprisé et inconsidéré jusqu’à présent », écrivent-ils en réclamant des excuses et des mesures.

« Chaque jour qui passe nous ne respirons que l’angoisse d’une attente pour connaître la vérité sur ce qui a causé le décès de notre fille. » Ainsi commence la lettre ouverte des parents de Naomi Musenga destinée au directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (Hus) et son équipe. Datée du 28 décembre 2018, elle a été diffusée par le collectif «Justice pour Naomi» ce lundi.

La famille de la jeune maman décédée le 29 décembre 2017 après avoir été raillée au téléphone par le Samu qui n’avait pas pris en considération l’urgence de l’appel attend toujours des réponses de l’hôpital. C’est ce qu’elle a fait savoir lors d’un rassemblement tenu en sa mémoire dans la capitale alsacienne un an tout juste après sa mort. Et c’est notamment ce qu’elle répète dans la lettre.

Des mesures que la famille veut voir rendues publiques

Au fil de deux pages, ses parents commencent par réclamer la « vérité » et que « justice soit faite ». Avant de se faire plus concrets, en demandant la « reconnaissance de défaillances » par l’hôpital, puis que « des décisions administratives » soient prises après un rapport d’inspecteurs (notamment « dans la procédure post-mortem »). Ils souhaitent aussi que « ces mesures soient rendues publiques ».

Après une enquête administrative interne, l’Inspection générale des affaires sociales a remis en juin 2016 un rapport accablant la gestion de l’appel de la Strasbourgeoise. Parmi neuf recommandations d’amélioration, elle préconisait la mise en place d’une salle pour l’accueil des familles des défunts en réanimation ou la clarification de la répartition des rôles pour signaler un tel événement.

A 20 Minutes, Christophe Gautier, directeur des Hus, avait alors promis qu’elles seraient suivies sans détailler un plan d’action, cependant. En décembre, 20 Minutes n’avait pas réussi à obtenir de nouvelle réponse de la direction. Un syndicaliste avait en revanche expliqué que le service de gestion des appels avait été renforcé. La famille de Naomi Musenga, elle, veut en savoir plus.

« On se rend compte qu’on est toujours méprisé et inconsidéré jusqu’à présent, écrivent encore ses parents. Jusqu’ici aucune excuse n’a été formulée en ce sens, ni aucun regret exprimé de la part de la direction des Hus. […] Nous avons besoin d’une prise de conscience de votre service. » Côté judiciaire, l’enquête se poursuit après la nomination d’un collègue d’experts à l’été 2018.