Attentat à Strasbourg: «Venir sera un formidable message de soutien», le marché de Noël a rouvert

FUSILLADES Le marché de Noël de Strasbourg (Bas-Rhin) a rouvert ce vendredi matin, trois jours après le périple meurtrier et au lendemain de la mort du tireur présumé. Le ministre de l’Intérieur a déambulé au milieu des chalets de Noël…

Bruno Poussard

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Strasbourg, le 14 décembre 2018 - Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, en visite au marché de Noël au lendemain de la mort de Cherif Chekatt, suspect principal de l'attentat de Strasbourg.
Strasbourg, le 14 décembre 2018 - Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, en visite au marché de Noël au lendemain de la mort de Cherif Chekatt, suspect principal de l'attentat de Strasbourg. — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • Le marché de Noël de Strasbourg a rouvert ce vendredi, trois jours après le périple meurtrier de Cherif Chekatt et au lendemain de sa mort.
  • En fin de matinée, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déambulé dans les rues aux côtés d’élus de la ville entre les chalets du marché de Noël.

Les premiers chalets n’ont pas attendu 11h. Dans le village solidaire au pied du sapin place Kléber, sur la grande place Broglie ou sur le parvis de la cathédrale, le marché de Noël a rouvert ce vendredi matin, trois jours après le périple meurtrier de l’auteur de l’attentat dans les rues de Strasbourg (Bas-Rhin). « Ce qui arrive est triste, mais c’est normal que la vie reprenne », insiste Daniel.

Vendeur de thés et d’épices non loin de l’Opéra, l’Alsacien a ouvert sa devanture dans le calme des allées. Il embraye : « C’est notre marché, nos traditions. Il faut être prudents, mais comme partout. » Les touristes et les habitués n’ont pas finalement pas tardé à arriver. Commerçant d’artisanat, Nicolas reprend : « C’était normal de fermer pour des raisons de sécurité, c’est normal de rouvrir. »

Mais ce Strasbourgeois d’une trentaine d’années, dont le chef habite rue des Orfèvres, est ému : « Il faut que les gens viennent pour prendre le contre-pied après les événements dramatiques. Mais on ne peut pas faire comme si de rien n’était. On sent que c’est plus silencieux et pesant. On est tous marqués. On dit tous que la vie continue, mais c’est dur de sourire, c’est dur d’être heureux ce matin. »

En visite au marché de Noël, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré :

J’invite tous ceux qui nous entendent à venir encore plus ici, parce que ce sera un formidable message de soutien. »

Bretzels, tartes flambées et autres vins chauds de retour

Pas dans leurs chalets voisins place Broglie au moment des tirs un peu plus loin dans le centre-ville mardi à 20h, Marine et Joseph sont, eux, moins touchés : « C’est bien d’avoir pris la décision de rouvrir quoi qu’il en soit jeudi soir. La vie continue, on est là jusqu’au 24. Et il y a quand même du monde, on est contents. Mais ça va revenir peu à peu, il faudra encore du temps. »

Les premiers bretzels, tartes flambées sur baguette et autres vins chauds ont rapidement trouvé preneurs. Mais l’affluence n’est pas encore à la normale au sein du plus grand marché de Noël de France. Arrivée du Pas-de-Calais avec son mari et des amis ce mercredi, Maryse est venue dès l’ouverture : « Mais on y pense, on ne peut pas faire comme si de rien n’était. »

« Il faut que les gens viennent pour ne pas céder pas à la panique »

Proposant à boire et à manger, Kristo et Kévin ont, eux, un message à faire passer : « Pendant cette coupure on était un peu sous le choc, quelque chose ne tournait pas rond. Il faut que les gens sortent et viennent nous voir pour montrer qu’ils ne cèdent pas à la panique. »

 

« Nous avons pris cette décision [de rouvrir le marché de Noël] pour l’honneur de Strasbourg, pour l’honneur de la France », a lancé le ministre de l’Intérieur. Au fil de sa déambulation de 45 minutes dans le centre-ville, Christophe Castaner a aussi rencontré nombre de policiers, gendarmes militaires. « Merci à vous tous », a-t-il glissé, dès son arrivée. Et d’insister : « Il y a une sécurité et une sérénité sur le marché de Strasbourg. »

Celle-ci a d’ailleurs été renforcée, les points d’entrées ont été réduits (de 19 à 15) à l’entrée de la Grande Ile, et les stations de tram du centre sont fermées. « J’ai entendu du soulagement, du bonheur, de la fierté pour nos forces de sécurité, celles et ceux qui, pendant 48 heures, ont mené la traque et l’enquête », a terminé le ministre. A l’heure de la réouverture, les enquêteurs, eux, n’en ont pas fini.