VIDEO. Attentat à Strasbourg : Le dispositif de sécurité était-il suffisant au marché de Noël de Strasbourg ?

SECURITE Le dispositif mis en place pour sécuriser le marché de Noël de Strasbourg était-il suffisant ?

Gilles Varela avec Alexia Ighirri

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Contrôles à l'entrée du centre-ville de Strasbourg le 12 décembre 2018.
Contrôles à l'entrée du centre-ville de Strasbourg le 12 décembre 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Une fusillade au marché de Noël de Strasbourg a fait au moins deux morts et neufs blessés graves, mardi soir. Un Strasbourgeois de 29 ans, fiché S, est recherché.
  • Malgré cela, il semble difficile de durcir le dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg au lendemain des attentats de 2015 à Paris.

Malgré un impressionnant dispositif de sécurité, rodé depuis presque quatre années maintenant, un homme armé a réussi à passer les barrages, déambuler dans les rues et tirer sur les passants au marché de Noël de Strasbourg, avec un bilan humain très lourd et toujours provisoire de deux décès et 19 blessés, dont deux dont le pronostic vital est engagé, et un en état de mort cérébrale. Aussi la question de savoir si ce système était suffisant peut se poser. Elus et visiteurs ont répondu à 20 Minutes.

« On restera sur les mêmes orientations, avec les mesures de sécurité que certains avaient crues trop sévères », se défend le maire Roland Ries. « Les fouilles sont légères, c’est juste un aperçu du contenu de mon sac, regrette Amélie. Si c’est bien planqué, ils ne voient rien. » « Et si on passe avec le tram, il n’y a même aucune fouille », ajoute son ami Stéphane. Autre regret, l’absence de policiers pour épauler les agents de sécurité en gilets jaunes à certains barrages « C’est pas rassurant », regrette Olivier, étudiant…

« C’est impossible de fouiller les gens à tous les moments »

Oui mais voilà. Si la plupart des personnes rencontrées émettent parfois quelques réserves, la grande majorité se dit néanmoins satisfaite, et surtout consciente que cela serait difficile de faire plus. Comme Solenn, rencontrée sur sa bicyclette : « C’est impossible de fouiller les gens à tous les moments de leur vie, explique la jeune femme. Il peut y avoir ce genre de folie partout, dans tous les moments de la vie ».

Un avis partagé par Rosa, originaire des Pays-Bas : « C’est le plus sécurisé des lieux, c’est très bien fait mais la véritable question est de savoir si faire plus est réellement envisageable. » Même avis pour une commerçante de la rue des Orfèvres : « Il y a des mesures spéciales pour les commerçants, avec beaucoup de concertation, un laissez-passer que l’on fait un mois avant, on se sent protégé. Mais on ne peut pas faire plus pour une ville de cette importance, on ne peut pas être derrière chaque habitant. »

Une addition de contrôles

Une réponse que partage Robert Herrmann, président de l’Eurométropole : « Le risque était évalué, connu. Nul n’arrête un homme comme celui-ci, qui souhaite abattre des individus, constate l’élu. Chaque jour, nous essayons d’analyser la situation. Même dans les sociétés totalitaires il y a des terroristes. Quel que soit le régime, il y a aura toujours une faille. La sécurité complète n’existe pas. »

Un avis partagé également par le premier adjoint au maire Alain Fontanel qui explique n’avoir jamais imaginé que le dispositif soit complètement hermétique. « Il repose sur une addition de contrôles ou de risques pour les personnes contrôlées, entre la fouille à l’entrée, la présence policière sur le terrain, des policiers en civil et des profileurs qui font leur travail sur tous les sites. Et en particulier autour de la station de tram du vieux marché aux vins. » Un système que l’assaillant sera parvenu à déjouer.