VIDEO. Attentat à Strasbourg: Le calme revient à Neudorf, après une nuit agitée par les opérations de police

REPORTAGE Les opérations de police se sont concentrées sur le quartier de Neudorf mardi soir, après la fusillade au marché de Noël de Strasbourg...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Neudorf, rue d'Epinal
Strasbourg: Neudorf, rue d'Epinal — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Une fusillade au marché de Noël de Strasbourg a fait au moins deux morts et sept blessés graves, mardi soir. Un Strasbourgeois de 29 ans est recherché.
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, les opérations de police se sont concentrées dans le quartier du Neudorf. Le calme y est revenu mercredi matin, après une partie de nuit agitée.

Dans le quartier du Neudorf, la circulation a repris ce mercredi matin. Les travaux sur la chaussée rue de Belfort aussi. Quelques dizaines de mètres plus loin, rue d’Epinal où une opération de police s’est déroulée mardi soir, dans le but de retrouver le suspect de la fusillade faisant plusieurs morts au marché de Noël de Strasbourg, les vélos passent, les habitants prennent la route pour aller en cours ou au travail, un autre est allé chercher son pain… Les environs sont plutôt calmes, après une partie de nuit agitée dans ce secteur sud de Strasbourg.

Une ambiance qui tranche avec la situation tendue de la veille, dont il ne reste ce mercredi plus de traces sauf les quelques débris de verre des maisons visitées par les forces de l’ordre, et ramassés par leurs locataires balais en main ce matin.

« On a fermé les volets, et puis voilà »

Il y a bien quelques journalistes dans la rue et les discussions entre voisins portent évidemment sur ce qui s’y est déroulé et les coups de feu entendus mardi soir. Ils échangent aussi à propos du suspect, connu du quartier puisque sa famille y habite. Mais sans d’énormes craintes, alors que ce Strasbourgeois de 29 ans est toujours recherché.

Augustin, dont le balcon donne sur la rue d’Epinal, affiche son calme. « Je n’étais pas stressé. On a fermé les volets et puis voilà. Ce qui m’importait c’était surtout de savoir s’il y avait cours ou pas ce matin », glisse le jeune étudiant de 18 ans, en route pour le campus justement.

Rassurés par la présence des policiers

Lorsqu’elles ont compris que l’opération de police arrivait dans leur rue, Julie, 24 ans, et ses colocataires ont fait le tour de leur maison pour vérifier que tout était fermé, et se sont confinées dans une chambre à l’étage. « On a vu les policiers chercher dans les jardins des voisins. Finalement, ça m’a un peu rassurée de voir qu’ils étaient là, il ne pouvait pas nous arriver grand-chose », raconte la jeune femme, se définissant toutefois comme « difficilement stressée ».

Sa colocataire Denj Jie, étudiante chinoise de 20 ans arrivée il y a trois mois à Strasbourg, a plus de mal à s’en remettre. Elle n’était pas présente mardi soir. Ce mercredi à 8h30, elle arrive enfin à remettre les pieds dans sa rue : « J’étais à l’université quand il y a eu les coups de feu. On m’a déposé près du quartier mais les policiers n’ont pas voulu me laisser passer. Je ne savais pas où aller… Une femme seule ça peut être dangereux. J’ai alors vu un petit groupe et j’ai demandé aux gens si je pouvais rester avec eux. Ils m’ont finalement hébergée cette nuit. »

« On fait vite le lien »

Fanny, colocataire de 18 ans dans une autre maison, a cherché à en savoir plus en allant à la rencontre de ses voisins ce mercredi matin. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé très exactement et pourquoi ici. J’ai reçu un snap hier parlant des tirs en ville et puis j’ai entendu les CRS dans ma rue. On fait vite le lien alors. J’ai entendu des coups de feu, des policiers exploser des portes… » Elle restera chez elle ce mercredi pour se remettre « de toutes [ses] émotions concernant cette attaque », plus que par peur d’être exposée à l’auteur présumé de la fusillade toujours en fuite.

Anthony, trentenaire, ne se pose lui qu’une seule question ce matin : « Pourquoi des fichés S, des personnes problématiques, sont toujours en liberté. C’est redondant comme question, tout le monde en parle… ». Visé par une fiche S (un outil de renseignement comme l'explique 20 Minutes dans cette video), le suspect était surtout connu pour des faits de droit commun. Condamné en France mais aussi en Allemagne, il a effectué plusieurs séjours en prison. Là où il se serait radicalisé.

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