VIDEO. Attentat à Strasbourg: Que sait-on de Cherif Chekatt, le suspect fiché S dont la traque se poursuit?

ENQUETE Toujours en fuite ce mercredi matin, Cherif Chekatt, 29 ans, était connu des autorités pour de nombreux faits de droit commun…

Vincent Vantighem (avec T. C. et P. B)

— 

La police et les secours à proximité du lieu de la fusillade, à Strasbourg le 11 décembre 2012.
La police et les secours à proximité du lieu de la fusillade, à Strasbourg le 11 décembre 2012. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA
  • L'attaque de Strasbourg a fait deux morts, une personne en état de mort cérébrale et 12 blessés dont six graves, à Strasbourg.
  • Le suspect qui a ouvert le feu sur le marché de Noël est toujours en fuite.
  • Visé par une fiche S, il était surtout connu pour des faits de droit commun.

Il a « semé la terreur sur trois points » de la ville, mardi soir à partir de 19h50. Le bilan provisoire, établi ce mercredi à midi, est de deux morts, une personne en état de mort cérébrale et douze blessés dont six en urgence absolue, après l’attentat perpétré à Strasbourg. Selon nos informations, le suspect, qui est toujours en fuite, est un Strasbourgeois de 29 ans, Cherif Chekatt. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « assassinat, tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

La préfecture a indiqué qu’il était fiché S, l’abréviation pour « Sûreté de l’Etat », par les services antiterroristes.Sur France Inter, ce mercredi matin, Laurent Nuñez, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, a donné quelques éléments d’informations sur son profil. « C’est un individu qui est connu en droit commun pour beaucoup de délits autres que le terrorisme. Il a un casier [judiciaire] important. » Un peu plus tard, Rémy Heitz, le procureur de Paris, a, lui, clairement évoqué les motivations terroristes du suspect, révélant que plusieurs témoins l’avaient entendu crier « Allahou Akbar » lors de son périple criminel dans les rues de la ville.

Il se serait radicalisé en prison

Condamné à 27 reprises pour des faits de droit commun en France mais aussi en Allemagne et en Suisse, il a effectué plusieurs séjours en prison. Selon Laurent Nuñez, c’est à l’occasion d’un de ses séjours en détention qu’il se serait radicalisé. « Il est connu de l’administration pénitentiaire pour son attitude prosélyte et sa radicalisation », a confirmé le procureur de Paris. Pour autant, selon les services de renseignement, Cherif Chekatt, n’a jamais tenté de se rendre en Syrie, pour rejoindre les rangs de Daesh.

Selon les informations de 20 Minutes, il devait être interpellé mardi matin par les gendarmes et par des agents de la DGSI dans le cadre d'une enquête de droit commun : une tentative d’homicide commise lors d'un braquage.En son absence, une perquisition a eu lieu à son domicile. Des armes, notamment une grenade, ont été retrouvées. Selon Christophe Castaner, le suspect a été confronté à deux reprises avec échanges de tirs avec les soldats de la force sentinelle entre 20h20 et 21 heures mais il a réussi à s’enfuir. La chasse à l’homme mobilisant 350 personnes (gendarmes, policiers, BRI et RAID) continue.