VIDEO. Attentat à Strasbourg: «Le gars armé est tombé sur les militaires», témoigne un habitant

FUSILLADE Un peu avant 20 heures ce mardi dans le centre de Strasbourg (Bas-Rhin), plusieurs habitants racontent ce qu'ils ont vécu, dans ce qui ressemble à un des premiers événements de la fusillade...

Bruno Poussard

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Une zone bouclée bientôt trois heures après les tirs dans la rue Sainte-Hélène, en plein centre de Strasbourg. Lancer le diaporama
Une zone bouclée bientôt trois heures après les tirs dans la rue Sainte-Hélène, en plein centre de Strasbourg. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • A 19h53 ce mardi, plusieurs habitants ont assisté à un échange de tirs dans ce qui ressemble aux premiers événements de la fusillade à Strasbourg.
  • Dans leur petite rue méconnue, des Strasbourgeois racontent leur « peur » et leur « choc », devant la situation, « horrible » en plein marché de Noël.

« Les gens couraient dans tous les sens. » C’est ainsi que certains habitants du centre de Strasbourg racontent d’abord ce qu’ils ont vécu ce mardi, vers 20 heures, sur la Grande Ile où est célébré le marché de Noël depuis fin novembre. Selon un journaliste de 20 Minutes présent sur les lieux, plusieurs tirs ont été entendus dès 19h53 dans la rue Sainte-Hélène, une rue piétonne méconnue, très calme à cette époque.

Difficile de savoir à cette heure si ces tirs ont été les premiers ou non de ce dramatique événement. Mais plusieurs résidents de l’immeuble en ont entendu « plusieurs dizaines ». Deux ou trois, d’abord. Puis des rafales. Une retraitée confie : « J’ai eu peur, j’ai cru entendre des pétards et des enfants avant de comprendre qu’il s’agissait de tirs, c’est horrible. » Un bruit comme aucun autre.

Quatre militaires d’un côté, un homme plus loin, des tirs échangés

L’odeur de la poudre, elle, n’a pas tardé à monter dans les étages. « Je me suis vite planqué tout au fond, loin de la fenêtre », témoigne Emilien. Prenant la direction du même immeuble à vélo à cet instant, Laure a, elle, vu « des militaires qui tenaient en joue un mec, de dos, en plein milieu de la même rue et lui criaient dessus. » En s’enfuyant à bicyclette, la jeune femme a entendu les tirs.

De son balcon, Matéo, lui, a assisté à une partie de la scène avec sa copine qui l’a appelé : « Le gars est arrivé de la droite, avec son arme. Il est tombé sur les militaires. Il s’est simplement retourné et puis il a tapé un sprint jusqu’à l’angle de la rue où se trouve le bar. Les militaires ont crié ''écartez-vous'' puis des tirs ont été échangés. Les militaires étaient quatre au total, des deux côtés de la rue. »

Un petit bar touché, un blessé devant, un autre à l’intérieur

Devant un enquêteur venu recueillir des témoignages pour donner un coup de main à ses collègues, Emilien reprend : « Un des militaires a même reçu une balle dans son canon. A l’abri d’un mur, il a regardé plusieurs fois son fusil et sa main. Il protégeait une famille derrière lui. Il y avait plusieurs passants qui essayaient de se cacher comme ils pouvaient dans la rue à ce moment. »

Pendant que plusieurs policiers cherchent des douilles dans la rue, une ambulance arrive à côté du bar les Savons d’Hélène, non loin. A l’intérieur, les tables ont été poussées d’un côté, un blessé est au sol. « Les gens ont fait un périmètre autour de lui et des secours, beaucoup se tenaient, eux, dans les bras », raconte Camille, passé quelques instants à l’intérieur.

Devant l’entrée, un vélo se trouve au milieu de la rue. Sur ce côté du bar, une personne est aussi prise en charge par les secours, allongée au sol. Réfugiée dans un restaurant pas encore confiné un peu plus loin après avoir abandonné son vélo, Laure a, elle, trouvé du soutien auprès d’autres clients, « complètement choqués aussi ». Mais la rue Sainte-Hélène n’est pas la seule à avoir été touchée.