«Gilets jaunes»: Un syndicat de police invite les agents à se mettre en grève samedi

MOBILISATION Le syndicat Vigi-Ministère de l’Intérieur appelle les « personnels administratifs, techniques et scientifiques » à cesser le travail dès samedi…

Thibaut Chevillard

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Des CRS face aux « gilets jaunes», le 17 novembre 2018.
Des CRS face aux « gilets jaunes», le 17 novembre 2018. — Frédéric Dides/SIPA
  • Samedi, les « gilets jaunes » se mobiliseront pour la quatrième semaine consécutive.
  • Le syndicat Vigi-Ministère de l’Intérieur appelle une partie des agents à se mettre en grève le même jour.
  • Les policiers, explique son secrétaire général, partagent les revendications des manifestants concernant le pouvoir d’achat.

Les forces de l’ordre s’apprêtent à être très largement mobilisées, une nouvelle fois, ce samedi pour encadrer les rassemblements des «gilets jaune ». Alors que les policiers chargés du maintien de l’ordre, le 1er décembre, sur les Champs Elysées, ont été particulièrement éprouvés par la vague de violence qui a déferlé dans les rues de la capitale, le syndicat Vigi-Ministère de l’Intérieur invite une partie des agents à se mettre en grève de façon illimitée à compter du samedi 8 décembre.

« Nous voulons montrer que nous sommes solidaires des revendications concernant le pouvoir d’achat, portées par les "gilets jaunes". Les policiers sont aussi concernés », explique à 20 Minutes Alexandre Langlois, le secrétaire général du syndicat. Il évoque notamment les 25 millions d’heures supplémentaires, effectuées par les agents, jamais payés par l’administration, la hausse de la CSG partiellement compensée, le gel du point d’indice et, bien évidemment, la hausse du prix du carburant « dont nous avons besoin pour aller bosser ».

« Contraindre le gouvernement à négocier »

Cet appel à la grève, lancé durant les élections syndicales dans la police, ne concerne que les « personnels administratifs, techniques et scientifiques », ainsi que les « ouvriers d’Etat » et les « cuisiniers du ministère de l’Intérieur ». « Les personnels actifs n’ont pas le droit de se mettre en grève », souligne Alexandre Langlois. En revanche, note-t-il, « sans adjoints techniques et ouvriers cuisiniers, les compagnies de CRS peuvent être immobilisées », « sans les adjoints administratifs, des services peuvent être fermés ». Il propose que les policiers de terrain soutiennent financièrement ceux qui feront grève. « On devrait perdre, au pire, 5 euros par jour chacun. »

Samedi, des milliers de « gilets jaunes » se mobiliseront pour la quatrième semaine consécutive. « Nous avons choisi cette date exprès pour lancer la grève », reconnaît Alexandre Langlois. « Nous espérons ainsi ennuyer le gouvernement et le contraindre à négocier. » D’autre part, de nombreux policiers lui ont fait savoir « qu’ils n’avaient pas envie de servir, une nouvelle fois, de chaire à canon » face à des groupes de casseurs de plus en plus organisés, dont il dénonce la violence. D’autant, affirme-t-il, que de nombreux policiers partagent les inquiétudes des « gilets jaunes ».

« Ils doivent protéger leur santé »

La situation des agents est d’autant plus inquiétante, ajoute-t-il que nombre d’entre eux sont fatigués par l’accumulation des journées de travail, dépassant souvent 13h, et des heures supplémentaires. Alexandre Langlois les invite à aller consulter un médecin qui pourra leur prescrire un arrêt maladie. « Ils doivent protéger leur santé. En outre, s’ils sont fatigués, ils risquent de commettre des erreurs qui leur seront reprochées » Quant aux policiers qui n’ont pas reçu de formation en maintien de l’ordre, et qui pourraient être mobilisés samedi, il les invite à « faire valoir leur droit de retrait ».