Marseille: Un policier de la DGSI a-t-il revendu des informations à des tueurs marseillais?

DARKNET Un policier de la DGSI est soupçonné d'avoir revendu des informations sur le darknet, dont certaines pourraient avoir découlé sur des règlements de compte…

A.M.

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Illustration: Un homme regarde des lignes de code sur son ordinateur, le 23 janvier 2018.
Illustration: Un homme regarde des lignes de code sur son ordinateur, le 23 janvier 2018. — Michel Spingler/AP/SIPA

Un policier à l’origine de règlement de comptes à Marseille ? Selon Le Monde, un policier de la DGSI​ aurait revendu des informations « sensibles » sur le darknet sous le pseudo « Haurus ». Lors de sa garde à vue, ce brigadier de police a reconnu les faits, après avoir expliqué que ses motivations étaient financières. Il était interdit bancaire jusqu’en 2020, et faisait l’objet d’une procédure de surendettement.

Grâce à son poste au sein de l’antiterrorisme, il avait accès à une multitude d’informations. Il s’en est donc servi pour se faire de l’argent, en les revendant à des personnes « peu recommandables ». Selon Le Monde, il aurait fait des recherches sur Jean-Louis Grimaudo et Adil Attar, quelques semaines avant leur assassinat à Marseille, dans des règlements de compte.

Le policier mis en examen

Jean-Louis Grimaudo a par exemple été tué devant son domicile alors que cette adresse n’était connue que de la police et de la justice. L’homme venait de sortir de prison. Engin, 29 ans, avait, lui, été tué d’une balle perdue lors de l’assassinat d’Adil Attar, dans un local associatif de l’Estaque en mai dernier.

Le policier a été mis en examen pour « détournement de la finalité de fichiers informatiques nominatifs », « escroquerie » et « fourniture et usage de faux documents administratifs », mais pas pour « complicité d’assassinat ». A ce stade de l’enquête, rien ne prouve que les informations fournies par le policier ont découlé sur ces règlements de compte, même si des éléments sont troublants.