Corse: Un homme condamné à sept ans de prison pour un coup de couteau au visage

AGRESSION L’auteur des faits avait été arrêté quatre jours après l’agression mais son procès a été renvoyé à deux reprises…

Manon Aublanc

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Deux agents de police à Bordeaux
Deux agents de police à Bordeaux — MEHDI FEDOUACH / AFP

L’agression avait entraîné « une chasse à l’homme » en Corse. Un homme récidiviste a été condamné à sept ans de prison, dont un avec sursis, ce vendredi par le tribunal correctionnel d’Ajaccio, pour avoir blessé un jeune supporter de foot d'un coup de couteau au visage.

Le tribunal correctionnel d’Ajaccio a été plus dur que les réquisitions du procureur de la République qui avait demandé quatre ans de prison dont un avec sursis à l’encontre de Fethi Gadgahdi. Cet homme de 29 ans avait déjà été condamné en 2015 à quatre ans de prison dont six mois avec sursis pour l’agression d’un restaurateur. Il devra effectuer ce sursis qui est révoqué par la nouvelle condamnation.

Ouvert de la lèvre à l’oreille, le jeune supporter avait reçu 33 points de sutures

« La peine est très lourde et largement disproportionnée, elle multiplie par deux les réquisitions du procureur qui étaient déjà sévères », a déclaré son avocat Me Jean-François Casalta. « Avec l’accord de mon client, nous avons interjeté appel de ce jugement en espérant que le débat judiciaire reprenne devant la cour d’appel de Bastia, peut-être dans un climat plus apaisé », a-t-il ajouté, estimant que « dans ces affaires, le temps qui passe permet à la justice de se faire plus sereinement ».

Dans la nuit du 22 au 23 septembre, lors d’une rixe dans le quartier de la gare d’Ajaccio, Fethi Gadgahdi a asséné un coup de couteau au visage d’un jeune homme de 20 ans, membre de l’Orsi Ribelli, l’association des supporters du club ajaccien ACA. Ouvert de la lèvre à l’oreille, il avait reçu 33 points de sutures.

Une « ambiance de chasse à l’homme »

Cette agression avait donné lieu à plusieurs manifestations de soutien alors que plusieurs vols avec violences avaient eu lieu au même moment dans des villages de Corse-du-Sud. Dans un communiqué, les Orsi Ribelli avaient dénoncé, quelques heures après les faits, un « acte d’une lâcheté sans nom » et présenté l’agresseur comme étant « d’origine nord-africaine, déjà connu par la justice pour des faits similaires ».

Une « ambiance de chasse à l’homme » avait marqué les jours suivants, a regretté le procureur d’Ajaccio Eric Bouillard, s’indignant notamment de messages sur les réseaux sociaux qui appelaient la population à trouver le suspect présumé. L’auteur des faits avait été arrêté quatre jours après l’agression mais son procès a été renvoyé à deux reprises.