«Gilets jaunes»: Les autorités s'inquiètent du profil de certains manifestants

BLOCAGES Alors que le ministre de l’Intérieur dénonce la « radicalisation » du mouvement, le service central du renseignement territorial a identifié plusieurs « gilets jaunes » au profil troublant…

Thibaut Chevillard

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La manifestation des «gilets jaunes» avait dégénéré samedi soir à Quimper.
La manifestation des «gilets jaunes» avait dégénéré samedi soir à Quimper. — Fred Tanneau / AFP
  • Christophe Castaner a dénoncé mardi « une dérive totale » du mouvement des « gilets jaunes ».
  • Alors que de nombreuses violences ont été commises à proximité des blocages, 745 personnes ont été interpellées depuis samedi et 599 ont été placées en garde à vue.
  • Le service central du renseignement territorial a identifié plusieurs « gilets jaunes » au profil inquiétant.

« On voit qu’on a une radicalisation, avec des revendications qui ne sont plus cohérentes, qui vont dans tous les sens. » Les violences et dégradations commises lors de rassemblements de « gilets jaunes » illustrent « une dérive totale » du mouvement, a expliqué mardi sur France 2 le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Le profil des « meneurs » qui poursuivent les blocages depuis le 17 novembre inquiète les autorités. « Il s’agit désormais, pour nombre d’entre eux, de gens qui partagent des thèses complotistes, qui sont proches des sphères d’extrême droite », confie à 20 Minutes une source ministérielle.

Dès la semaine dernière, le SCRT (service central du renseignement territorial) avait identifié quelques « éléments à risques » susceptibles de prendre part au mouvement. Parmi eux, plusieurs sont issus de la mouvance d’ultra-droite. Dans une note datée du 15 novembre, consultée par 20 Minutes, les policiers remarquaient en particulier que Résistance républicaine, un « mouvement à caractère anti-musulman », invitait ses « sympathisants » à participer aux manifestations du 17 novembre. Le site Démocratie participative, « ouvertement antisémite et raciste », appelait aussi ses lecteurs à se mobiliser samedi dernier « contre le pillage financier des juifs ».

L’ultra-gauche en embuscade

Les agents du renseignement avaient également appris qu’un ancien militant du Front national, fondateur en septembre 2017 du groupuscule Les Barjols, avait participé « à plusieurs réunions préparatoires en Meuse et en Moselle, en vue de la journée de mobilisation du 17 novembre ». Dans ce document d'une quinzaine de pages, le SCRT soulignait que « son ancien bras droit » avait été mis en examen et écroué « dans le cadre de l’enquête concernant le projet d'attaque à l'initiative de sympathisants de l’ultra-droite visant le président de la République ».

Les militants de l’ultra-gauche, eux, ne s’étaient pas manifestés « en faveur de la mobilisation du 17 novembre ». Mais des membres de la mouvance estimaient que les « gilets jaunes », « par leurs actions, pourraient servir leurs intérêts », relatait le SCRT. Selon Le Parisien, plusieurs d’entre eux, armés de barres de fer et de cocktails Molotov, ont justement été observés par les agents du renseignement lors d’un rassemblement de « gilets jaunes » à Langueux, dans les Côtes-d’Armor. D’autres, selon nos informations, sont suspectés d’avoir  saccagé le péage de Virsac sur l’autoroute A10, en Gironde.

Mercredi, Emmanuel Macron a assuré que « la sévérité sera de mise » contre ceux qui auraient eu un « comportement inacceptable ». Selon les chiffres communiqués par la place Beauvau, Depuis samedi, 745 personnes ont été interpellées et 599 ont été placées en garde à vue.