VIDEO. Blocage des «gilets jaunes»: Qui était Chantal, manifestante tuée samedi en Savoie?

MOBILISATION Chantal M., 63 ans, se trouvait sur un barrage au Pont-de-Bonvoisin (Savoie) quand une automobiliste l’a percutée…

T.C.

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Une gendarme relève l'identité des manifestants au Pont-de-Beauvoisin (Savoie) où une femme de 63 ans a été tuée par une automobiliste
Une gendarme relève l'identité des manifestants au Pont-de-Beauvoisin (Savoie) où une femme de 63 ans a été tuée par une automobiliste — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Au Pont-de-Beauvoisin (Savoie), une conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin a été prise de panique quand les manifestants se sont mis à taper sur sa voiture.
  • Elle a alors foncé sur eux, percutant une femme. La manifestante tuée, Chantal M., était âgée de 63 ans.
  • Choquée, sa fille Alexandrine M. a indiqué qu’elle allait déposer plainte contre le gouvernement.
     

Samedi, Chantal M., 63 ans, manifestait pour la première fois de sa vie. Vers 8h15, alors qu’elle bloquait avec une quarantaine de « gilets jaunes » un rond-point au Pont-de-Beauvoisin ( Savoie), une automobiliste a tenté de forcer un barrage et l’a percuté. La conductrice de 43 ans, qui emmenait sa fille chez le médecin, a « paniqué » quand des manifestants ont commencé à « taper sur sa voiture » et a « accéléré », a raconté le préfet de la région, Louis Laugier. Malgré l’intervention rapide des pompiers, elle est décédée peu après.

Veuve, Chantal M. était mère de quatre enfants. Ce sont les gendarmes qui ont prévenu sa fille Alexandrine M., qui manifestait du côté de Cavaillon (Vaucluse), du drame qui venait de se produire. « C’était une petite retraitée tranquille, qui faisait son train-train. Elle n’avait pas une trop mauvaise retraite mais voulait juste apporter son soutien », a-t-elle confié au Dauphiné Libéré. Choquée, elle assure que sa mère « n’aurait jamais pris de risque inconsidéré ». « Les voitures sont quasi à l’arrêt, comment c’est possible ? » s’interroge la jeune femme qui demeure à l’Isle-sur-la-Sorgue. Le parquet a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de sa mort.

« Une femme formidable »

Comme Nordahl Lelandais, suspecté d’avoir tué la petite Maëlys et Arthur Noyer, Chantal M. habitait à Domessin, en Savoie. Lors de la reconstitution du meurtre de la petite fille, en septembre 2018, elle n’avait pas hésité à ouvrir sa porte aux gendarmes et aux journalistes qui avaient besoin d’aller aux toilettes, a raconté sur Twitter la responsable de communication de la gendarmerie dans la région.

« Chantal, c’était une femme formidable. Toujours le sourire, toujours gaie, pleine d’entrain. C’était une battante, prête à rendre service. On ne pouvait que l’aimer. Elle adorait la peinture et animait d’ailleurs des ateliers d’apprentissage pour les enfants. Mourir comme ça, c’est injuste », a indiqué Jeanine, sa voisine, au Parisien. Le journal précise que ce samedi, cette grand-mère était parmi les premiers sur le barrage. « Elle avait une pêche incroyable, c’était la plus énergique. Elle criait aux autres "Venez en renfort pour bloquer les voitures !" » a témoigné un des autres gilets jaunes présents.

Plainte contre le gouvernement

Sa fille a fait savoir au Dauphiné Libéré qu’elle comptait déposer plainte contre le gouvernement, « impliqué indirectement » dans l’accident. Car, dit-elle, si la situation du pays était différente, « il n’y aurait pas les gilets jaunes dehors et ma mère ne serait pas morte ».