Seine-et-Marne: Un chef d'une entreprise de BTP soupçonné d’une fraude estimée à 19 millions d’euros

ENQUETE Six personnes ont été mises en examen et laissées libres sont contrôle judiciaire...  

Caroline Politi
— 
Une phtoto d'illustration d'un chantier.
Une phtoto d'illustration d'un chantier. — ERIC CABANIS / AFP
  • Irrégularités, travail dissimulé, employés en situation irrégulière, le chef d’entreprise est soupçonné de nombreuses infractions.
  • Près de 5,6 millions d’euros ont d’ores et déjà été saisis : biens immobiliers, véhicules, comptes bancaires, etc.

Plusieurs biens immobiliers, trois Porsche, plus de deux millions d’euros sur des comptes bancaires… La réussite d’un chef d’une entreprise de BTP basée près de Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne, masquait-elle une vaste fraude dont le préjudice pourrait atteindre 19 millions d’euros pour les quatre dernières années ? C’est en tout cas ce que soupçonne la justice. Mercredi, lui et cinq autres personnes ont été mises en examen pour «  fraude fiscale », « blanchiment de fraude fiscale » et « aide au séjour irrégulier ». Tous ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Une information judiciaire a également été ouverte par le parquet de Meaux.

Ce sont d’abord les voyants de l’Urssaf qui, dès le début de l’année, se sont mis à clignoter. L’organisme, constatant de nombreuses irrégularités, a d’abord soupçonné l’entreprise de s’adonner à du travail dissimulé. « En réalité, c’était l’arbre qui cache la forêt », confie une source policière. En se rendant sur un chantier, la brigade de recherche de la police aux frontières de Seine-et-Marne, s’aperçoit, que non seulement les soupçons de l’Urssaf semblent fondés mais surtout que plusieurs dizaines d’employés sont en situation irrégulière. « Certains travaillent avec des papiers qui ne leur appartiennent pas, d’autres avaient de faux documents ou tout simplement pas de papiers », précise cette source.

Des employés vulnérables

Pendant plusieurs mois, les enquêteurs mettent à jour les montages financiers visant à dissimuler la fraude. Une société d’intérim est notamment soupçonnée d’avoir participé au « recrutement » de ces travailleurs vulnérables. « Les employés sans papiers viennent d’un peu partout, ils ont seulement pour point commun d’être dans une situation de grande précarité qui les empêche de se plaindre. »

Alors que l’enquête se poursuit sous la houlette d’un juge d’instruction, près de 5,6 millions d’euros ont d’ores et déjà été saisis : biens immobiliers, véhicules, comptes bancaires… Parmi les six interpellés, quatre hommes et deux femmes, certains étaient déjà connus des services de police et de justice pour des faits similaires.