Affaire Arthur Noyer: Nordhal Lelandais entendu par les juges d'instruction pour la troisième fois

ENQUETE Les magistrats voulaient confronter la version du principal suspect aux résultats de l’autopsie du corps du jeune militaire de 23 ans…

T.C.

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Un portrait d'Arthur Noyer le 7 septembre 2018, jour de ses obsèques
Un portrait d'Arthur Noyer le 7 septembre 2018, jour de ses obsèques — AFP
  • Nordahl Lelandais a été mis en examen en décembre 2017 pour l’assassinat d’Arthur Noyer, 23 ans.
  • Il a reconnu, lors d’une précédente audition, s’être battu avec le jeune militaire qu’il avait pris en stop.
  • Selon lui, après avoir reçu des coups au visage, la victime serait tombée. Il aurait ensuite constaté son décès.
  • Nordahl Lelandais a « répondu aux questions et confirmé ses déclarations », a indiqué ce vendredi à la presse l’avocat de la famille d’Arthur Noyer.

Nordahl Lelandais a quitté, ce vendredi matin, la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), apprend 20 Minutes de source proche du dossier. Le convoi pénitentiaire dans lequel il se trouvait a pris la direction du tribunal de grande instance de Chambéry (Savoie). L’ancien maître-chien, âgé de 35 ans, a été interrogé pendant près de trois heures, pour la troisième fois, par les juges d’instruction qui enquêtent sur la mort du caporal Arthur Noyer, 23 ans. Le 20 décembre 2017, ils l’avaient mis en examen pour l’assassinat du jeune militaire qui servait au sein du 13e bataillon de chasseurs alpins.

Arthur Noyer avait disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Après avoir passé la soirée dans une boîte de nuit de Chambéry, il n’était pas rentré à la caserne de Barby, située seulement à quelques kilomètres. Des débris de son crâne avaient été retrouvés par un promeneur, en septembre, sur un sentier de randonnée à Cruet, 16 km plus au sud. D’autres ossements ont depuis été découverts. Les enquêteurs ont démontré que Nordahl Lelandais, déjà mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys de Araujo, 8 ans, se trouvait également à Chambéry lorsque la victime a disparu.

De nombreuses questions en suspens

Des images de vidéosurveillance montrent la voiture du suspect, une Audi noire, circulant en pleine nuit sur la route qui relie Chambéry au lieu de la découverte du corps d’Arthur Noyer. En outre, les téléphones de Nordahl Lelandais ont déclenché les mêmes relais que celui du jeune caporal originaire de Bourges (Cher), ce qui prouve qu’ils se déplaçaient ensemble. Lors de son premier interrogatoire, en février dernier, Nordahl Lelandais reconnaissait simplement l’avoir rencontré en fin de soirée, l’avoir pris en stop. Mais il niait l’avoir tué, précisant l’avoir déposé un peu plus loin. Une version qui va par la suite évoluer.

Le 29 mars 2018, il a « spontanément » déclaré aux magistrats avoir « porté des coups » au visage du jeune militaire lors d’une «  bagarre », avait expliqué le parquet de Chambéry. Arthur Noyer, a-t-il précisé aux juges, était alors tombé et il n’avait pu que constater son décès. Un accident, selon le suspect. Mais plusieurs questions restent en suspens : pourquoi se seraient-ils battus ensemble ? Et comment s’est-il débarrassé du corps ? Selon l’AFP, son interrogatoire devait notamment porter sur les circonstances de la mort d’Arthur Noyer après les résultats des longues analyses de ces ossements restés plusieurs mois dans la nature.

Nordahl Lelandais a « répondu aux questions et confirmé ses déclarations », a indiqué à la presse, qui l’attendait devant le tribunal, l’avocat de la famille d’Arthur Noyer, maître Bernard Boulloud. Pour la première fois, ce dernier a pu assister à l’audition. « C’est important que les parties civiles soient là. » Contacté en début d’après-midi, l’avocat de Nordahl Lelandais, maître Alain Jakubowicz, a répondu à 20 Minutes qu’il ne fera aucune déclaration à la presse.